L’annonce a pris les États membres et les institutions de l’Union européenne par surprise. Le président américain Donald Trump n’a prévenu personne quant à sa décision d’interdire pendant trente jours l’entrée du territoire des États-Unis aux personnes ayant séjourné en Europe, pour endiguer la propagation du coronavirus sur le sol américain. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Charles Michel, se sont fendus d’un communiqué commun, jeudi matin, traduisant le courroux européen. "Le coronavirus est une crise globale, qui n’est pas limitée à un continent et elle requiert de la coopération plutôt qu’une action unilatérale, lit-on. L’Union européenne désapprouve le fait que la décision américaine d’imposer une interdiction d’entrée ait été prise unilatéralement sans consultation", ajoute l’Allemande et le Belge.

La peu claire logique américaine

Non seulement les Européens n’ont pas été prévenus, ni par Washington, ni par la mission américaine auprès de l’UE, mais ils peinent à comprendre "la logique qui sous-tend l’annonce américaine en ce qui concerne l’inclusion de certains pays et pas d’autres", a déclaré le porte-parole de la Commission, Eric Mamer.

Le Britannique Nigel Farage, leader du Brexit Party, et proche de Donald Trump, s’est félicité de ce que "le Royaume-Uni soit désormais traité comme un territoire indépendant". Sorti de l’UE le 31 janvier, le pays n’est en effet pas visé par le travel ban américain. Serait-ce que Donald Trump, qui a loué "les frontières solides" du Royaume-Uni, le considère comme un havre épargné par le virus ? Le Premier ministre britannique Boris Johnson a pourtant déclaré qu’il se répand outre-Manche.

Par ailleurs, le Royaume-Uni n’est pas le seul pays du Vieux Continent exempté. En effet, l’interdiction d’accéder au territoire américain s’applique, dès samedi 4 h GMT, (5 heures de Bruxelles) aux personnes en provenance de l’espace de libre circulation Schengen, qui ne se superpose pas exactement au territoire de l’UE. On y retrouve des pays "tiers" comme l’Islande, la Norvège, le Liechtenstein et la Suisse. En revanche, échappent à l’interdiction des États membres tels que l’Irlande et Chypre, qui ne sont pas dans l’espace Schengen, ou la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie qui ne l’ont pas encore intégré.
Donald Trump aurait cherché à humilier l’Union européenne qu’il ne s’y serait pas pris autrement.