Mardi 2 février en soirée, au cours de débats à l'Assemblée nationale, différentes insultes ont été proférées à l'encontre de l'élue française Mathilde Panot. Alors que la députée de la France Insoumise s'apprêtait à prendre la parole à la tribune, on a pu distinctement entendre plusieurs remarques, telles que "C'est la folle", ou encore "La poissonnière", s'échapper de l'hémicycle. Une séquence qui a fait beaucoup de bruit dans l'Hexagone.


Si Mathilde Panot n'a pas encore réussi à identifier la personne qui l'a traitée de "folle", elle a néanmoins pu reconnaître le député qui l'a qualifiée de "poissonnière". Il s'agit de Pierre Henriet, du parti de la République en Marche.

Après cet incident, l'élue de Val-de-Marne a réclamé de sanctions et des excuses à Pierre Henriet. "Ce n’est pas une question personnelle. C’est notre institution qui ne doit pas laisser passer ça. Il y a beaucoup trop de sexisme à l’Assemblée nationale", a-t-elle affirmé.

Le lendemain, le député concerné a réagi sur Twitter. "Mathilde Panot passe son temps à vociférer à la tribune et à couper la parole. J’étais excédé et mon propos n'est en rien une injure encore moins sexiste, c’est une expression pour dénoncer son comportement comme je le fais aussi pour ses collègues masculins", se justifie-t-il, avant de tout de même s'excuser dans un autre tweet.


Au fil des heures, la polémique a enflé, et de nombreuses critiques ont fusé à l'égard de Pierre Henriet, notamment sur les réseaux sociaux. Des commentaires haineux que le député "En Marche" a dénoncé sur Twitter. "Cette polémique va trop loin. Je ne me laisserai pas intimider par les propos haineux reçus", a-t-il écrit, avant de retirer ses excuses pour le terme "poissonnière", qu'il juge ne pas être une injure.


Dans une interview accordée à Brut, la députée insoumise à quant à elle développé un tout autre argumentaire: "C'est une insulte (...) qui est proférée contre les femmes depuis la Révolution française, puisque les femmes, lorsqu'elles défendaient le peuple et se battaient notamment pour que les femmes puissent participer à la vie politique, étaient déjà, il y a plus de 200 ans, traitées de poissonnières".

Si, pour certains, le terme peut prêter à débat, Mathilde Panot est en tout cas résignée à ne pas laisser passer cet incident. "Si on laisse à l'Assemblée nationale des parlementaires femmes se faire régulièrement insulter, alors, en fait, on a une institution de notre République qui accepte le sexisme ordinaire, qui est le quotidien de toutes les femmes de ce pays", a-t-elle encore confié aux journalistes de Brut.