Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a réagi, vendredi, à l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) rendu cette semaine et indiquant que les zones de transit pour migrants en Hongrie sont en conflit avec la loi européenne. Le pays pourrait ignorer cette décision, a fait savoir le chef du gouvernement hongrois.

L'arrêt, rendu jeudi, vise à forcer les États membres de l'UE à accueillir des migrants, a indiqué M. Orban dans une interview sur une station de radio nationale.

"Nous ne nous laisserons pas avoir", a-t-il vitupéré, affirmant que la Constitution nationale prend le pas sur la loi européenne.

La CJUE a statué sur les centres de transit installés à la frontière serbe, au sein desquels les personnes ayant fait une demande d'asile doivent séjourner - dans des conteneurs en métal entourés de fils barbelés - en attendant qu'une décision soit rendue sur leur dossier. La Cour apparente cette situation à une détention illégale.

Les responsables politiques hongrois arguent cependant que les occupants sont libres de repartir vers la Serbie à tout moment, invalidant ainsi l'aspect carcéral avancé par la CJUE.

Or, s'ils décident de partir, ces migrants perdent toute chance d'obtenir l'asile en Hongrie et en Europe. De plus, la Serbie refuse leur retour sur son territoire.

La Hongrie a essuyé de lourdes critiques de la part de l'UE pour sa gestion implacable de la question migratoire. Elle a également été plusieurs fois amenée devant la justice européenne.