Devenu pour ses soutiens un symbole du combat pour la liberté d'informer, l'Australien de 49 ans doit être fixé sur son sort par la juge Vanessa Baraitser à partir de 10H00 GMT à la cour de l'Old Bailey, à Londres.

Quelle que soit la décision, elle est susceptible de recours, si bien que la bataille judiciaire ne s'arrêtera sans doute pas là au Royaume-Uni.

Reste également à savoir quelle sera l'attitude de l'administration du futur président américain Joe Biden à l'égard du fondateur de WikiLeaks. Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks.

Mais il y a tout juste 10 ans, celui qui accèdera dans moins d'un mois la Maison Blanche avait comparé Julian Assange à un "terroriste high-tech".

L'avocate Stella Moris, avec qui M. Assange a eu deux enfants, a souligné dans une interview au journal allemand Der Spiegel parue dimanche qu'à la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh, où il est détenu, "il n'a vu aucun de ses avocats depuis mars".

"La défense de Julian en a été sérieusement handicapée", a-t-elle dénoncé.

Mais "la situation à la prison de Belmarsh n'est rien comparé aux conditions de détention auxquelles il serait soumis aux Etats-Unis s'il était extradé", a-t-elle affirmé, estimant que Julian Assange serait alors "enterré vivant".

L'Australien risque aux Etats-Unis 175 ans de prison pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.


Civils tués par les Américains 

Les Etats-Unis reprochent au fondateur de WikiLeaks d'avoir mis en danger des sources des services américains, accusation qu'il conteste. Parmi les documents publiés figurait une vidéo montrant des civils tués par les tirs d'un hélicoptère de combat américain en Irak en juillet 2007, dont deux journalistes de l'agence Reuters.

Il revient à la justice britannique de déterminer si la demande américaine d'extradition qui lui est soumise respecte un certain nombre de critères légaux, et notamment si elle n'est pas disproportionnée ou incompatible avec les droits humains.

Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de WikiLeaks, a déclaré dimanche à l'AFP qu'il était "presque certain" que la cour se prononcera contre M. Assange, dénonçant des "biais" dans la procédure.

Dans un communiqué envoyé pendant le week-end, il a aussi estimé que "le simple fait que cette affaire ait été portée devant les tribunaux, et qu'elle ait duré aussi longtemps, constitue une attaque historique à grande échelle contre la liberté d'expression".

Pendant les cinq semaines d'audience en février et en septembre, les avocats de Julian Assange ont dénoncé une procédure "politique" fondée sur des "mensonges". Or, soulignent-ils, l'accord américano-britannique interdit selon elle "expressément" les extraditions pour les "infractions politiques".

Julian Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans derrière les murs de l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les Etats-Unis ou la Suède, où il a fait l'objet de poursuites pour viol qu'il conteste et qui ont depuis été abandonnées.

Les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks ont été dénoncées par le rapporteur de l'ONU sur la torture Niels Melzer.

Dans une lettre ouverte à Donald Trump le 22 décembre, ce défenseur de Julian Assange a demandé au président américain sortant de gracier le fondateur de WikiLeaks, qui n'est selon lui "pas un ennemi du peuple américain".