Le parquet fédéral suisse a ouvert une enquête pénale à l'encontre de Glencore dans une affaire en lien avec des soupçons de corruption en RDC, a annoncé vendredi le géant des matières premières basé en Suisse.

Dans un communiqué, le groupe actif dans le négoce des matières premières et l'extraction minière indique avoir été informé dans la journée de l'ouverture de cette enquête par le Ministère public de la Confédération (MPC, procureur général).

Elle porte sur des manquements de Glencore International qui n'aurait pas "mis en place des mesures organisationnelles pour empêcher des cas présumés de corruption en République démocratique du Congo, sur lesquels le MPC enquête actuellement", explique le texte.

Glencore ajoute qu'il va coopérer avec l'enquête menée par la justice suisse.

Les activités de Glencore en RDC ont été mises en cause à plusieurs reprises.

Elles avaient notamment été citées en 2017 dans les Paradise Papers, l'enquête menée par le consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Fin 2017, l'ONG Public Eye, qui scrute de près les activités des multinationales suisses, avait de son côté déposé une dénonciation pénale auprès du MPC concernant les activités de Glencore en RDC, appelant le procureur à ouvrir une enquête.

La dénonciation pénale est une disposition du droit suisse, qui prévoit que toute personne ayant connaissance d'une infraction peut la signaler, qu'elle soit ou non concernée par cette infraction, à la différence d'une plainte pénale qui ne peut être déposée que si la personne a elle-même été lésée par une infraction.

Contacté par l'agence de presse suisse ATS, le MPC a indiqué vendredi que suite à l'examen de cette dénonciation, une procédure pénale pour corruption de personnalités officielles étrangères a été ouverte contre X en mai 2019. Et courant juin 2020, une deuxième procédure a été ouverte "dans ce même contexte thématique", cette fois contre Glencore International.

Le 5 décembre dernier, Glencore avait déjà annoncé faire l'objet d'une enquête auprès de l'autorité britannique chargée de la délinquance financière (SFO) pour une affaire de corruption.

Le SFO avait confirmé dans un communiqué distinct cette enquête, sans donner plus de précision sur l'affaire ni sur le ou les pays concernés.

Glencore avait par ailleurs été assigné en 2018 par le département américain de la Justice dans le cadre d'une vaste enquête pour corruption liée à ses activités au Nigeria, au Venezuela et en République démocratique du Congo (RDC).