Andras Arato a dénoncé "une décision honteuse et lâche", qui soulève de nouvelles inquiétudes sur la liberté de la presse dans ce pays de l'Union européenne.

"Nous déposerons un recours auprès de la Cour suprême", a-t-il précisé à l'AFP. Il a promis de continuer le travail en ligne, invitant les auditeurs à "les soutenir".

"Dans une dictature, il n'y a pas de place pour les voix libres", a réagi, amer, Janos Desi, un des présentateurs de cette radio, au contenu souvent critique du gouvernement souverainiste de Viktor Orban.

En septembre dernier, le Conseil des médias (NMHH), une tutelle qui chapeaute toutes les entreprises d'information en Hongrie, avait refusé de prolonger sa licence d'exploitation, qui expire le 14 février.

L'organisme, créé en 2011 sous l'égide de M. Orban, a affirmé que la station avait soumis, à deux reprises en un an, des documents administratifs avec retard. Il l'a toutefois autorisée à se porter candidate sur la même fréquence desservant principalement la capitale, Budapest.

Face à cette acte "illégal", Klubradio avait saisi le tribunal municipal de Budapest afin de demander un permis temporaire en attendant le résultat de l'appel d'offres, qui n'est pas attendu avant plusieurs mois. Deux autres radios ont également postulé.

Il s'agit là d'un nouveau revers pour les médias indépendants hongrois, sous pression depuis le retour au pouvoir en 2010 de Viktor Orban.

La Hongrie occupe actuellement la 89e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse, publié par l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Elle était 23e lorsque Viktor Orban est revenu au pouvoir en 2010.

Fin 2018, Bruxelles a déclenché une procédure exceptionnelle pour risque de "violation grave" des valeurs de l'UE, pointant notamment l'appauvrissement du pluralisme médiatique en Hongrie.