"La moitié des personnes décédées du Covid-19 étaient des résidents de centres de soins résidentiels, selon les estimations des pays européens. C'est une tragédie humaine inimaginable", a déclaré jeudi le directeur de la branche européenne de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Hans Kluge.

Il a, par ailleurs, appelé les pays européens à être prudents en assouplissant les mesures contre le coronavirus. "Nous sommes toujours dans des eaux très turbulentes", a-t-il précisé. La région Europe de l'OMS compte près de 50% de l'ensemble de cas de Covid-19, a souligné le directeur européen de l'OMS. "Annoncer que plus de 110.000 personnes ont perdu la vie m'attriste. Depuis mon dernier rapport il y a sept jours, le nombre de nouveaux cas a augmenté de plus d'un quart et le nombre de décès d'un tiers", a-t-il rapporté.

"Tout signe indiquant que le virus est sous contrôle est un bon signe", a affirmé Hans Kluge. Il met aussi en garde contre l'excès de confiance, "notre plus grand ennemi pour le moment" selon lui. "Nous ne pouvons pas nous permettre de nous croire en sécurité", a-t-il déclaré. "Nous sommes toujours en eaux très turbulentes et nous le resterons pendant un certain temps", a poursuivi le Belge. "Sur les dix pays du monde qui ont signalé le plus de nouvelles contaminations au cours des dernières 24 heures, six se situent dans la région européenne", a-t-il insisté.

Hans Kluge a également attiré l'attention sur la situation "très préoccupante" des maisons de repos. "Selon les estimations des pays européens, la moitié des personnes décédées du Covid-19 étaient des résidents de centres de soins résidentiels. C'est une tragédie humaine inimaginable. Tous ceux qui meurent dans des maisons de retraite après avoir été infectés par le coronavirus ont le droit d'être soignés et accompagnés dans leur mort, entourés de leurs proches", a-t-il exprimé.

"Même parmi les gens très âgés qui sont faibles et souffrent de nombreuses maladies chroniques, beaucoup ont de bonnes chances de se rétablir si elles sont bien soignées", a souligné Hans Kluge.

"Cette pandémie met en lumière les pans moins valorisés de notre société qui ont été négligés", a-t-il dénoncé. Il existe pour lui "un besoin immédiat et urgent de repenser et d'adapter le fonctionnement" de ces établissements face à l'épidémie. Il s'agit notamment d'y prioriser les dépistages, de bien équiper les soignants et d'organiser des unités spéciales pour les malades du Covid-19, avant même l'apparition de premiers cas. Il demande aussi d'élaborer des plans de prévention à l'attention des centres de soins résidentiels, pour contrôler les infections et isoler immédiatement les cas d'infection. Hans Kluge espère enfin que les gouvernements s'efforceront de mettre en place des systèmes de soins solides.