"Vague verte" pour les écologistes, retour "à la victoire" pour LR, "déclic" pour le RN grâce à Perpignan: les oppositions ont toutes vu des motifs de satisfaction dans les résultats du second tour des municipales dimanche, qualifiés en revanche de "déception" par la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Au Havre, les "résultats sont nets" a estimé le Premier ministre Edouard Philippe, qui a largement remporté le second tour face au communiste Jean-Paul Lecoq avec près de 59% des voix.

C'est "un acte de confiance", a-t-il ajouté.

Si cette élection du Premier ministre est un "signal très positif", selon Sibeth Ndiaye, le porte-parole du gouvernement a cependant fait part sur France 2 de la "déception" de la majorité, qui a enregistré des scores parfois "extrêmement décevants" en raison de ses "divisions".

Le Havre, c'est "l'arbre qui cache la forêt", a cinglé le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon lors d'une déclaration.

A Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, par exemple, les premières estimations donnaient les candidats soutenus par la majorité battus par leurs adversaires écologistes.

"Ce qui a gagné ce soir, me semble-t-il, c'est la volonté d'une écologie concrète, d'une écologie en action", "une espérance autour d'un beau projet", a ainsi salué l'eurodéputé EELV Yannick Jadot sur TF1, tandis que la porte-parole du parti Eva Sas évoquait sur France 2 "une vague verte (qui) se lève en France".

A Lille, l'écologiste Stéphane Baly et la sortante PS Martine Aubry étaient au coude-à-coude selon des premières estimations, la seconde revendiquant finalement auprès de l'AFP sa victoire vers 21H15.

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a lui vu "un immense élan (qui) se lève dans toute la France et permet de voir toute la gauche et les écologistes qui sont en train de gagner de formidables victoires: Brest, Saint-Denis, Rouen, Cherbourg, Quimper, Chambéry, Périgueux, Morlaix, Nancy, Besançon, etc. Un bloc social et écologiste est en train de naître".

A Paris, la socialiste Anne Hidalgo a triomphé de Rachida Dati (LR) et Agnès Buzyn (LREM).

Côté LR, "on renoue avec la victoire", a estimé le patron du parti, le député Christian Jacob, après des victoires ou réélections à Mulhouse, Colmar, etc.

M. Jacob a revendiqué la victoire de son parti dans "plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants". "La droite est majoritaire dans les grandes villes de France", a estimé l'ancien patron de LR Jean-François Copé sur France 2.

"Grève civique"

A Perpignan, le "front républicain" en faveur du maire LR sortant Jean-Marc Pujol a échoué à barrer la route au frontiste historique Louis Aliot (Rassemblement national), qui remporte la première préfecture et ville de plus de 100.000 habitants pour le parti depuis Toulon en 1995.

"C'est un système qui s'écroule", s'est félicité le député auprès de l'AFP. La présidente du RN, Marine Le Pen, s'est félicitée d'une "vraie grande victoire", y voyant un "vrai déclic".

Dans l'ensemble des villes, l'abstention a été très forte, estimée à environ 60%.

Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, s'est dit dimanche soir "préoccupé par (ce) faible taux de participation", qualifié de "grève civique" et de moment "dangereux" par le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon.

Au premier tour, moins d'un électeur sur deux (44,3% contre 63,5% en 2014) s'était déplacé pour voter en raison des risques de contamination.

Le second tour des élections municipales se tenait dimanche dans près de 5.000 communes, avec deux enjeux majeurs: la relance de la participation malgré la crise sanitaire qui perdure, et plusieurs grandes villes pouvant basculer sous la poussée des Verts.

Plus de 157.000 candidats et 16,5 millions d'électeurs étaient concernés par ce scrutin hors normes, plus de trois mois après le report in extremis du vote, initialement prévu le 22 mars, pour cause de Covid-19.

Les conseillers municipaux, élus pour six ans, se réuniront du vendredi 3 au dimanche 5 juillet pour élire les maires et leurs adjoints. Et dans certaines villes, il faudra effectivement attendre ce "troisième tour" pour connaître le nom du maire.