A six semaines d'un scrutin décisif pour son combat en faveur d'un nouveau référendum, Nicola Sturgeon remporte ainsi une première victoire dans cette affaire dont les anti-indépendantistes font leur miel.

Défendant son "intégrité", Nicola Sturgeon a salué les conclusions de l'enquête menée par l'ancien procureur James Hamilton. Mais elle attend encore la publication des conclusions d'une commission parlementaire.

Or, selon les informations qui ont fuité dans les médias locaux, la commission a conclu jeudi que la Première ministre a "trompé" le Parlement.

En cause: une contradiction dans son récit au sujet d'une réunion au début de l'affaire découlant des accusations contre Alex Salmond, depuis blanchi par la justice.

Nicola Sturgeon avait ainsi vu les appels à la démission s'intensifier de la part de l'opposition.

A quelques jours d'intervalle, Alex Salmond et Nicola Sturgeon avaient témoigné devant les députés chargés de faire la lumière sur cette affaire.

La cheffe du gouvernement local a assuré le 3 mars avoir agi "de manière appropriée" et jugé "absurdes" les accusations de complot pour l'écarter de la vie publique formulées par son ancien mentor.

Alex Salmond a quant à lui déclaré qu'il n'a "aucun doute" que son ancienne protégée a bien enfreint le code de conduite ministériel.

Dans les sondages, les déchirements entre l'actuelle dirigeante et son prédécesseur ont conduit à un affaissement du soutien au parti de Nicola Sturgeon, le SNP, et à l'indépendance.

Londres contre un référendum 

La dirigeante écossaise espère décrocher lors des élections locales du 6 mai une majorité telle au Parlement local qu'elle rendrait intenable la position du gouvernement de Boris Johnson de persister à refuser à l'Ecosse un nouvelle consultation.

Lundi, le gouvernement écossais a publié son avant-projet de loi pour un nouveau référendum d'indépendance après la pandémie.

Selon ce texte, il reviendrait au Parlement écossais de trancher sur la date à laquelle se tiendrait le vote, dont le gouvernement local pense qu'il devrait avoir lieu après la crise sanitaire.

La question posée "l'Ecosse doit-elle devenir un pays indépendant ?", resterait la même qu'en 2014, où la province britannique avait décidé à 55% de rester au sein du Royaume-Uni.

Mais le Brexit, contre lequel les Ecossais avaient voté à 62% en 2016, a depuis changé la donne et fait pousser des ailes aux velléités d'indépendance.

Longtemps considéré comme l'homme fort de l'Ecosse, Alex Salmond, dirigeant du SNP pendant 20 ans, avait jeté l'éponge après la victoire du "non" au référendum sur l'indépendance.

Il a été acquitté en mars 2020 par un tribunal écossais de 13 accusations d'agressions sexuelles et de tentatives de viol contre neuf femmes entre juin 2008 et novembre 2014.

Dès 2019, le gouvernement écossais avait admis avoir mal géré l'enquête interne sur les plaintes portées à l'encontre de M. Salmond par deux femmes et avait alors accepté de lui verser plus de 500.000 livres (579.000 euros) pour couvrir ses frais de justice.