Un "raz-de-marée conservateur" pour des élections "historiques". Vendredi matin, la presse britannique ne tarissait pas de superlatifs après la victoire incontestable du Premier ministre sortant Boris Johnson, qui a promis de mener à son terme le Brexit d'ici le 31 janvier. Les bureaux de votes avaient à peine fermé leurs portes jeudi à 22h00 (23h00 HB) que les sondages à la sortie des urnes prévoyaient déjà une victoire écrasante des conservateurs.

"Johnson se prépare à la plus importante majorité conservatrice depuis Thatcher" en 1987, résume The Independant en Une vendredi matin, alors que les votes de plusieurs circonscriptions manquaient encore au résultat final. Pour le quotidien de centre gauche, "bien avant que les votes finaux ne soient comptabilisés, il était évident que M. Johnson se dirigeait vers un résultat historique, d'une ampleur qui lui donnerait une majorité écrasante à la Chambre des communes et lui permettrait de faire avancer son programme sans entrave".


The Times souligne à ce propos la rafle des conservateurs au sein d'anciens bastions travaillistes. Si le chef du parti d'opposition a concédé sa défaite peu après 03h00 vendredi, Jeremy Corbyn "résistait encore aux pressions qui le poussent à une démission immédiate", pointe le quotidien conservateur. M. Corbyn a en effet annoncé qu'il resterait en place pendant un "processus de réflexion".

Plus à gauche de l'échiquier médiatique, The Guardian s'attarde de son côté sur les causes de la dégringolade travailliste. Certains, comme le président du parti Ian Lavery, allié de Corbyn, pointaient ainsi le positionnement clair du Labour sur la question brûlante du Brexit. D'autres, comme l'ancien ministre travailliste Alan Johnson, accusaient Jeremy Corbyn d'être directement responsable de la défaite de la gauche, rapporte le quotidien.


"La défaite écrasante du parti travailliste - qui, selon les prévisions, devrait enregistrer son pire nombre de sièges depuis 1935 - a mis fin à la carrière de leader de Jeremy Corbyn", acte pour sa part The Independant.

Dans le centre de Londres, le bouillonnant "Bojo" a pris un ton "triomphant" aux petites heures pour s'attarder sur le Brexit et la défaite des pro-européens, note The Guardian. "Les menaces misérables d'un second référendum sont à présent terminées", s'est-il exclamé, enjoignant les partis pro-européens à la mettre en sourdine sur ce sujet, écrit le journal.

Référence des milieux d'affaires, le Financial Times souligne que Boris Johnson ne dépend plus désormais du soutien des plus eurosceptiques au sein de son parti conservateur.

D'une partialité assumée, les tabloïds étalent en Une la tignasse blonde de Boris Johnson, parfois accompagné de son chien, et se réjouissent, pour la plupart, de la victoire de "Boris...et du Brexit!", selon les termes du Daily Express. Le très pro-Johnson Daily Telegraph retient ainsi l'"humiliante défaite" de la chef des Libéraux-démocrates Jo Swinson, bête noire des pro-Brexit avec sa promesse d'annuler la sortie de l'UE. Non seulement son parti recule, mais elle perd son siège de député. Seul le Daily Mirror, favorable aux travaillistes de Jeremy Corbyn, s'effare de ce "cauchemar avant Noël".

© AFP