2.500 personnes étaient encore rassemblées dans la nuit de vendredi à samedi dans des hangars désafectés à Lieuron, en France, au sud de Rennes. Si la police est arrivée sur place dès jeudi soir, le trop grand nombre de fêtards présents dans la zone les empêche d'intervenir. Dans la soirée de vendredi, 150 gendarmes étaient toujours mobilisés pour sécuriser la zone, a rapporté BFMTV.

Selon la chaîne française, ces derniers formaient un cordon tout autour des hangars où se déroulait la fête, afin d'empêcher de nouveaux fêtards de se joindre à l'événement clandestin, que ce soit en voiture ou à pied. Cependant, des journalistes français présents sur place ont noté que des personnes continuaient d'arriver en début de soirée, passant "à travers champs" pour contourner les policiers. "Pour l'instant, d'autres renforts ne sont pas sur place, parce que c'est le préfet (d'Ille-et-Vilaine, ndlr) qui décide de la conduite des opérations et il n'a pas encore décidé d'évacuer la zone. Probablement parce qu'il estime qu'il y a plus de dangers que de bénéfices à évacuer l'endroit", a expliqué la journaliste de BFMTV Alexandra Gonzalez.

© AFP

Les centaines de participants sont pour la plupart sous l'influence d'alcool, voire de drogue et cela pourrait entraîner des mouvements de foule aux conséquences importantes. "La zone est sous contrôle, mais la fête continue sous l'oeil des gendarmes qui sont autour", a résumé la journaliste française. Évacuer l'endroit s'annonce donc compliqué, d'autant plus que trois gendarmes ont déjà été blessés au cours de l'après-midi par des jets de pierres de la part des participants à cette rave party. Franceinfo a également rapporté qu'un véhicule des forces de l'ordre avait été incendié.

© AFP

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a convoqué vendredi soir à Beauvau une réunion sur la rave avec le préfet et des membres du cabinet. "Je travaille avec eux cette nuit au rétablissement d'une situation normale en permettant au maximum l'intégrité physique de tous", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Dans la soirée, la fête continuait au son de la musique techno, tandis que des gendarmes, postés aux rond-points environnants, empêchaient de nouveaux participants de se rendre à la rave, a constaté un photographe de l'AFP.

Quelle sanction pour les fêtards ?

Comme en Belgique, les participants risquent évidemment une amende de 135 euros pour participation à une fête interdite. Cependant, les journalistes de BFMTV envoyés sur les lieux de la fête à Lieuron ont croisé des fêtards en train de quitter la zone, sans avoir été verbalisés. Mais dès 20h ce soir, les personnes qui quitteront la zone se verront normalement infliger une amende pour non respect du couvre-feu.

Des fêtards quittent la rave party organisée à Lieuron. © AFP

Une enquête a été ouverte, ce qui devrait également permettre aux militaires de placer des participants en garde-à-vue, afin de déterminer qui sont les organisateurs de cette fête clandestine. Ces derniers risquent, eux, jusqu'à 1500 euros d'amende.

En attendant une évacuation forcée de la zone, des secouristes tentent de limiter les risques de propagation du coronavirus parmi les participants, en distribuant du gel hydroalcoolique et des masques.