La Russie est critiquée depuis des mois pour ses chiffres officiels sur les décès provoqués par le coronavirus largement inférieurs à ceux des autres pays européens.

Si certains soupçonnent des manipulations, les autorités assurent qu'il s'agit du résultat d'une politique de dépistage massive et de mesures fortes prises dès le début de l'épidémie.

Selon les chiffres quotidiennement rendus publics par les autorités, 3.633 personnes sont mortes du Covid-19 entre le 2 mai et le 1er juin.

L'agence des statistiques Rosstat, notamment chargée de fournir les données démographiques, a quant à elle fait état vendredi d'un nombre bien plus élevé sur la même période : 7.444 personnes dont le virus est considéré comme "la cause principale de décès".

De plus, 5.008 autres personnes contaminées par le coronavirus sont mortes d'autres maladies, mais pour 1.530 d'entre elles le virus a été le "catalyseur" de leur décès, a ajouté Rosstat.

Selon l'agence, le nombre des personnes mortes en Russie toutes causes confondues s'est élevé à 172.914 en mai, soit plus de 18.000 plus que le même mois l'année dernière. Pour le directeur de Rosstat, Pavel Malkov, le taux de mortalité a grimpé de 12% en mai sur un an.

Les autorités avaient dit s'attendre à une "hausse significative" de la mortalité pour le mois de mai.

La Russie ne recense dans le bilan officiel des morts du Covid-19 que les décès dont la cause première est le coronavirus, après autopsie, quand d'autres pays y englobent la quasi-totalité des morts de personnes testées positives.

La Russie comptait vendredi 713.936 cas de contamination par le coronavirus, dont 11.017 ont été mortels, selon les chiffres officiels.