Les médias rapportent que les gardes-frontières espagnols pouvaient être soulagés mercredi, après l'afflux soudain de quelque 8.000 personnes vers Ceuta et Melilla, une autre enclave espagnole, cette semaine. Selon la police locale, pas moins de 10.000 migrants ont pénétré dans les enclaves. Mais depuis l'intervention de la police du côté marocain de la frontière (environ six kilomètres près de Ceuta), les agents ont annoncé que désormais seulement quelques migrants tentaient encore occasionnellement de franchir la frontière.

Le gouvernement du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez affirme que la crise diplomatique avec le Maroc n'est pas encore terminée. Cependant, Sànchez souligne que l'attitude de la police des frontières marocaine a heureusement changé. Selon Madrid, le retour à la normale des relations peut commencer.

Les chiffres du gouvernement espagnole indiquent qu'environ 5.700 migrants ont déjà été transférés sur le territoire marocain. Normalement, un accord financier entre l'Espagne et le Maroc existe dans le but de garder la frontière. Mais lundi, les Marocains ont apparemment négligé cet accord, ce qui a déclenché les frictions diplomatiques entre Madrid et Rabat.

L'Espagne a accueilli de facto Brahim Ghali, un chef rebelle de 71 ans du Sahara occidental marocain pour un traitement médical. M. Sánchez aurait donné son accord pour des raisons humanitaires et l'aurait fait sans aucune consultation du gouvernement marocain. Selon les médias à Madrid, son propre ministre des affaires étrangères était fortement opposé à l'arrivée de M. Ghali.

Les récentes déclarations de l'ancien vice-premier ministre de M. Sánchez sur la légitimité des revendications du Front Polisario, le mouvement de guérilla dont M. Ghali est le chef, auraient apporté encore plus d'huile sur le feu. Un juge d'instruction espagnol a depuis ouvert une enquête contre M. Ghali, ce qui pourrait atténuer la colère du Maroc.

Depuis les années 1950, Le Maroc domine l'ancien "Sahara occidental espagnol" et revendique son appartenance. Abandonné par l'Espagne en 1976, le Maroc a immédiatement annexé le territoire, ce que le Polisario, soutenu entre autres par l'Algérie, conteste farouchement depuis des décennies. L'Onu ne reconnaît pas l'appartenance de la zone au Maroc.