Dans un pays qui s'est longtemps enorgueilli de son Etat-providence, l'inspection suédoise des services de santé et sociaux (IVO) a constaté des "carences graves" dans le traitement des résidents dans toutes les régions du pays, relevant que certains patients étaient morts sans aucun examen médical.

Près d'un résident sur cinq n'a fait l'objet d'aucune consultation et dans 40% de ces cas, ils n'ont même pas été examinés par une infirmière, des lacunes inacceptables même dans un contexte de grande épidémie, critique IVO.

Quand une consultation a eu lieu, la majorité a eu lieu par téléphone et seulement 5 à 7% ont eu lieu physiquement.

Près de la moitié des décès enregistrés du Covid-19 en Suède ont eu lieu dans les maisons de retraite - où la grande majorité des résidents ont plus de 85 ans - et un quart supplémentaire a touché des personnes âgées suivies à domicile.

S'il a jusqu'ici globalement défendu sa stratégie moins stricte qu'ailleurs contre le coronavirus, le gouvernement suédois avait déjà reconnu après la première vague que l'épidémie avait été mal gérée dans les maisons de retraite, imputant à cette défaillance le bilan nettement plus lourd en Suède que chez ses voisins nordiques.

Selon IVO, les résidents n'ont bénéficié d'un traitement adéquat ni pour les cas confirmés ni pour les cas suspects de Covid-19.

"Le niveau minimum (de soins) est tout simplement trop bas, même pendant une pandémie", a dénoncé la directrice du service d'inspection, Sofia Wallström, lors d'une conférence de presse.

Une des rares mesures impératives de la stratégie suédoise avait été d'interdire les visites en maison de retraite à partir du 1er avril.

La mesure avait été levée le 1er octobre, mais plusieurs villes l'ont déjà réinstaurée et le gouvernement a pris des dispositions pour qu'elle soit réappliquée localement.

La Suède affronte une deuxième vague, qui se traduit par une forte hausse des cas depuis mi-octobre et plusieurs centaines de morts depuis trois semaines.

Le dernier bilan publié mardi fait état de 225.560 cas et 6.500 morts, pour 10,3 millions d'habitants.