Le Grec Margaritis Schinas, candidat à la vice-présidence de la commission européenne, a défendu jeudi soir la dénomination controversée de son portefeuille de la "Protection du mode de vie européen" lors de son audition devant le Parlement européen. "Je n'ai jamais partagé l'opinion selon laquelle le titre de mon portefeuille est une menace ou indiquerait une culture du nous contre eux." Une forte polémique a éclaté le mois dernier lorsque la future présidente de la commission Ursula von der Leyen a annoncé qu'elle souhaitait confier à Margaritis Schinas, en tant que vice-président, la compétence de la "Protection du mode de vie européen". La migration et la sécurité représentant une grande partie du portefeuille du conservateur grec, Ursula von der Leyen a joué la carte des populistes avec ce titre, estiment les opinions critiques.

Ce qu'a réfuté avec force le candidat jeudi devant le parlement européen. Avec son engagement en faveur de valeurs telles que l'ouverture, la diversité, l'inclusion et la protection des plus vulnérables, l'Union européenne est "un phare de lumière dans un monde de plus en plus sombre", a-t-il ainsi avancé. "Les populistes devraient se sentir menacés par nous", a ajouté M. Schinas. Il a souligné que l'Europe "sera toujours un pays d'asile" avec une politique d'expulsion humaine pour ceux qui n'ont pas droit à l'asile.

Et contre qui le mode de vie européen devrait-il alors être protégé? Contre "ceux qui ne nous permettent pas de célébrer le 14 juillet à Nice ou de marcher sur les Ramblas", a répondu le Grec, évoquant les attaques terroristes qui ont frappé l'Europe ces dernières années. Et aussi contre "ceux qui ne donnent pas de nourriture aux demandeurs d'asile ou ne laissent pas leurs enfants aller à l'école", a-t-il souligné, en réponse à une question de la social-démocrate allemande Birgit Sippel.

Bien que Margaritis Schinas a fait de son mieux pour convaincre les députés que le titre de son portefeuille couvrait une charge positive, en mettant l'accent sur l'égalité des chances et la protection des plus vulnérables, des orateurs tels que la libérale néerlandaise Sophie in 't Veld et le vert Brit Magid Magid ont demandé que sa dénomination soit changée. Un débat ouvert avec du respect pour des arguments divergents fait également partie du mode de vie européen, a rétorqué le candidat, ajoutant que "seul le temps répondra à la question que vous me posez maintenant".