Le prélat entend obtenir une "indemnisation pour les énormes dommages subis" auprès de l'hebdomadaire italien L'Espresso, dont les accusations publiées régulièrement depuis deux mois sont "toutes privées de fondement" et "ont délibérément ruiné et déformé mon image d'homme et de prêtre", écrit-il mercredi dans un communiqué.

Cette demande "d'indemnisation substantielle" sera reversée entièrement à des oeuvres caritatives, précise-t-il.

Le cardinal Becciu, qui nie notamment avoir détourné des fonds de l'Eglise en faveur des activités de trois de ses frères, comme l'a révélé L'Espresso, souligne qu'il n'a toujours pas reçu de convocation de la justice vaticane ou italienne.

Depuis les toutes premières révélations de l'hebdomadaire L'Espresso, l'ensemble de la presse italienne a publié une avalanche d'informations concernant Angelo Becciu, jadis l'un des cardinaux les plus influents du Vatican et un proche collaborateur du pape.

Le prélat de 72 ans était tombé brusquement en disgrâce le 24 septembre après un tête à tête d'une vingtaine de minutes avec le pape François qui avait exigé sa démission. S'il conserve son titre de cardinal, il a perdu tous les droits attachés à cette fonction, notamment la possibilité d'élire un nouveau pape lors d'un conclave.

Le lendemain, dans une démarche très inhabituelle pour un haut responsable de l'Eglise, le cardinal avait organisé une conférence de presse pour répondre à des allégations jugées "surréalistes" dévoilées le même jour dans la presse. "Le pape dit qu'il ne me fait plus confiance parce que les magistrats lui ont dit que j'aurais commis des actes de détournement de fonds", avait rapporté également le cardinal, qui s'est bien gardé de s'en prendre au pape dans son communiqué de mercredi.

Le nom du cardinal a été maintes fois évoqué dans le cadre d'une enquête explosive, lancée voici un an, sur d'opaques montages financiers pour acheter un immeuble dans le quartier chic de Chelsea à Londres.