Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell se rendra lundi à Ankara pour des entretiens consacrés "à tous les aspects" de la relation avec la Turquie, dans un contexte de fortes tensions entre la France et la Turquie. "Nous allons discuter des problèmes et des propositions de solutions aux questions", a indiqué vendredi le porte-parole de Josep Borrell, en annonçant cette visite. "La Turquie est un pays candidat à l'adhésion à l'UE et un allié de l'Otan", a rappelé Peter Stano.

La France accuse la Turquie de violer l'embargo de l'ONU sur les livraisons d'armes à la Libye. Elle dénonce l'intervention militaire turque en Libye au côté du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Tripoli qui, grâce à cet appui, a fait reculer les hommes du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est du pays, soutenu par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie.

Le président français Emmanuel Macron a jugé lundi que la Turquie avait une "responsabilité historique et criminelle" dans ce conflit, en tant que pays qui "prétend être membre de l'Otan". La France a récemment demandé un débat sur les différents contentieux opposant l'UE et la Turquie. Cela comprend aussi les problèmes posés par la poursuite des forages turcs dans la zone économique maritime de Chypre malgré les sanctions adoptées par l'UE. L'UE pourrait imposer de nouvelles sanctions, mais continue de redouter "le chantage aux réfugiés" du président Recep Tayyip Erdogan, a confié une source européenne.