Le comportement "imprudent" de la Russie et ses violations du droit international risquent de déclencher "accidentellement" un nouveau conflit mondial, a mis en garde dimanche le chef d'état-major de la Défense britannique, le général Nick Carter.

"Des Etats ambitieux comme la Russie, la Chine et l'Iran s'affirment d'une manière qui constitue un défi pour notre sécurité, stabilité et prospérité", écrit-il dans The Sunday Telegraph à l'occasion du "Dimanche du souvenir" (Remembrance Day), hommage aux soldats britanniques et du Commonwealth tombés au champ d'honneur. Selon lui, ceux-ci opèrent en "zone grise" avec de "nouveaux types d'armements" comme les cyberattaques, la diffusion de fausses informations ou le recours à des sociétés militaires privées qui "sapent notre cohésion politique et détruisent insidieusement notre mode de vie". 

"La Russie est bien plus sûre d'elle qu'il y a dix ans. Elle a maintenant de l'assurance quand elle s'affirme comme une puissance mondiale", a-t-il ajouté sur la BBC. Et de citer comme exemples, dans le journal dominical, les "activités infâmes" en Afrique du groupe paramilitaire russe Wagner, suspecté d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, ou une opération de désinformation dans plusieurs pays d'Afrique, démantelée par Facebook, menée à partir de la Russie par le réseau d'un proche de Vladimir Poutine. 

"Je n'insinue pas que nos opposants veulent aller en guerre selon la définition traditionnelle du terme, mais un comportement imprudent et le manque de respect pour le droit international (...) risquent d'entraîner une escalade qui peut facilement mener à une erreur de jugement par inadvertance", a estimé le général Carter. 

L'Occident s'inquiète de la Russie après une série de cyberattaques imputées au Kremlin, qui nie, contre des cibles aussi diverses que les organismes sportifs mondiaux, le Parti démocrate américain et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, basée aux Pays-Bas. Dans ce contexte, l'Otan "demeure un élément très important de notre sécurité nationale", selon le chef d'état-major britannique, interrogé par Sky News.