Plus d'un an après son commencement, la pandémie a dominé le débat en marge des élections législatives du 17 mars, laissant peu de place à d'autres enjeux, comme la politique eurosceptique et anti-immigration du leader d'opposition Geert Wilders.

Un total de 37 partis, un nombre record depuis plusieurs décennies, se disputent 150 sièges à la chambre basse du Parlement, dans un paysage politique parfois fragmenté qui conduit généralement à des coalitions complexes.

Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) de Mark Rutte comptabilise actuellement 33 sièges et dirige une coalition de quatre partis avec l'Appel chrétien-démocrate (CDA), l'Union chrétienne (CU) et le D66 de centre-gauche.

Les élections néerlandaises seront suivies de près en Europe, les Pays-Bas étant la cinquième économie de la zone euro et la voix la plus forte, en dehors de l'Allemagne, pour prôner la discipline financière.

Mark Rutte en est désormais à sa onzième année au pouvoir, ce qui fait de lui l'un des dirigeants européens restés les plus longtemps en poste. Son parti libéral-conservateur est en tête des sondages d'opinion depuis des mois, même s'il a légèrement baissé ces dernières semaines.

Surnommé le Premier ministre "Téflon" pour sa capacité à sortir indemne des crises politiques, Rutte a toutefois été contraint de démissionner en janvier à la suite d'un scandale qui a vu des milliers de parents accusés à tort de fraude aux allocations familiales.

Son gouvernement a continué de gérer les affaires courantes dans l'attente des élections, et a notamment commencé à sensiblement alléger les restrictions sanitaires en place.

Cette année, la gestion du Covid-19 semble avoir éclipsé toutes les autres problématiques. "Le gouvernement actuel est plutôt populaire maintenant, du moins le Premier ministre l'est", a déclaré le leader anti-islam Geert Wilders à l'AFP. "D'autres questions telles que l'immigration sont toujours importantes. Pour mes électeurs, c'est toujours la numéro un, mais si vous regardez le Néerlandais moyen, le coronavirus est en effet le problème numéro un", a ajouté le chef du Parti pour la liberté (PVV).

Si Mark Rutte gagne, il devra probablement former une autre coalition. Un nouvel allié potentiel pourrait être le parti de la Gauche verte GroenLinks, du jeune leader charismatique Jesse Klaver, qui s'est bien débrouillé aux précédentes élections, même s'il a légèrement diminué dans les sondages récemment.