L'association de défense des animaux L214 a annoncé jeudi porter plainte contre un élevage de cochons fournisseur de la marque de charcuterie Herta. Plus de 600 truies reproductrices et 15 000 porcs charcutiers sont élevés dans cet élevage chaque année. Cet élevage fait partie de la filière "Préférence" de la marque, supposée être respectueuse de l'environnement et du bien-être animal.

Dans une nouvelle vidéo, L214 dénonce les conditions de vies des animaux : des conditions "déplorables" et "non conformes aux exigences réglementaires". Les images sont choquantes : cannibalisme, porcelets qui peinent à se lever ou qui meurent écrasés par d'autres cochons dans des cages bien trop petites, médicaments périmés... Les cochons ont également tous la queue coupée de façon routinière, ce qui est interdit, souligne l'association.

Les images ont été tournées il y a plusieurs mois, entre juin et septembre, explique l'association.

Selon l'AFP, un contrôle inopiné dans l'exploitation a été déclenché mercredi par les autorités. Quatre inspecteurs de la Direction départementale de la protection des populations étaient toujours sur place jeudi afin de s'assurer de la conformité des installations et du respect des réglementations.

"On n'a jamais dit qu'on était parfaits"

De son côté, la marque assure prendre les choses très au sérieux. Arnaud de Belloy, directeur général d'Herta, a pu réagir sur franceinfo. Selon lui, il s'agit d'un éleveur aidé et appuyé par la marque depuis un certain temps. Il a affirmé qu'un audit récent visant l'élevage en question avait été réalisé.

Le directeur général ne lâche d'ailleurs pas l'éleveur visé par la plainte : "Il y a un vrai besoin d'aider les éleveurs qui veulent franchement s'améliorer, il faut arrêter de les critiquer". Il a défendu la démarche d'Herta, rappelant que si le souhait de la marque est bien de "développer des filières qui soient les plus vertueuses possibles", tout ne se fait pas en un jour. "On n'a jamais dit qu'on était parfaits".

Le directeur a, malgré tout, dénoncé L214, "les professionnels anti-élevages", et mis en garde contre des "montages" de la vidéo, qui selon lui pourraient exagérer la situation. "On regardera ce qui se passe et on répondra à tous les éléments".

Sollicitée par l'AFP, la marque n'a pas fait d'autres commentaires.