"Il est temps de dire au revoir", a écrit Katalin Novak, secrétaire d'État à la Famille, dans un tweet accompagné d'une lettre de résiliation du secrétariat international du Fidesz.

La rupture de ce jeudi est plus formelle qu'inattendue, puisqu'elle fait suite à des années de conflit interne dans la plus grande famille politique du Parlement européen. L'adhésion du Fidesz au groupe PPE du Parlement européen avait déjà été suspendue en mars 2019, non seulement en raison des multiples attaques verbales du dirigeant populiste contre le président de la Commission européenne de l'époque, Jean-Claude Juncker, mais aussi des politiques illibérales menées par ce parti nationaliste-conservateur, accusé de porter atteinte à l'indépendance de la justice, des médias et du monde académique, aux droits des associations ou encore au droit d'asile.

La Hongrie de Viktor Orban a été en 2018, après la Pologne en 2017, le deuxième pays de l'UE à être visé par la procédure dite article 7 qui donne la possibilité de sanctionner un État qui ne respecterait pas les valeurs fondatrices de l'UE. La Commission européenne a enclenché de son côté de multiple recours contre les politiques de Viktor Orban devant la Cour de Justice de l'UE.

Début mars, le Fidesz s'était déjà retiré du groupe PPE au Parlement, dénonçant l'adoption d'une réforme des statuts. La modification de ces règles internes est censée permettre la suspension voire l'exclusion de délégations entières, et non plus seulement de parlementaires individuellement. Le parti PPE devait prochainement se réunir pour décider de l'exclusion du Fidesz, réclamée par son président, le Polonais Donald Tusk, et par 13 partis membres, autour d'un noyau dur constitué par les pays du Benelux et des pays scandinaves.

Les précédentes tentatives s'étaient heurtées aux refus des chrétiens démocrates (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel. Sans attendre, le Fidesz avait pris les devants en annonçant lui-même son départ.

Le Premier ministre souverainiste hongrois souhaite désormais refonder la droite européenne autour de ses valeurs avec "les Polonais" et le tribun souverainiste italien Matteo Salvini.