Il sera "très difficile" de contrôler la propagation de la nouvelle variante du coronavirus qui a fait surface au Royaume-Uni, selon le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock.

L'agence britannique de statistiques (ONS) a calculé que la nouvelle variante est rapidement devenue la plus courante à Londres et dans l'est de l'Angleterre. "Nous avons encore un long chemin à parcourir pour résoudre ce problème", a déclaré le secrétaire à la Santé à propos de cette nouvelle mutation, qui s'annonce beaucoup plus contagieuse que les variantes précédentes.

Sur le plateau de Sky News, Matt Hancock a indiqué dimanche que la nouvelle souche de nouveau coronavirus était "hors de contrôle" pour justifier le reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre, qui pourrait, selon lui, durer jusqu'au déploiement d'un vaccin.

"Malheureusement la nouvelle souche était hors de contrôle. Nous devions reprendre le contrôle, et la seule manière de le faire, est de restreindre les contacts sociaux", a déclaré Matt Hancock sur Sky News. "Ce sera très difficile de la garder sous contrôle jusqu'à ce qu'un vaccin soit déployé", a-t-il ajouté.

Une mutation a priori pas plus dangereuse

Le gouvernement du conservateur Boris Johnson a annoncé samedi soir le reconfinement de Londres, du sud-est de l'Angleterre et d'une partie de l'est, contraignant plus de 16 millions d'habitants à rester chez eux et à renoncer aux retrouvailles de Noël. Les commerces non essentiels ont fermé et tous les déplacements en dehors de ces zones, placées sous le niveau d'alerte le plus élevé, que ce soit pour aller ailleurs au Royaume-Uni ou à l'étranger, sont interdits. Les pubs, restaurants et musées y étaient déjà fermés depuis mercredi.

La nouvelle variante du virus serait 70% plus infectieuse que la version actuelle, selon Johnson. Cependant, il n'y a aucune preuve que les symptômes de la maladie soient plus graves ou plus mortels.

Les chiffres de l'ONS montrent que la nouvelle variante est rapidement devenue la plus répandue dans cette zone de Grande-Bretagne. La nouvelle mutation représentait déjà 62% de toutes les nouvelles infections Covid dans la capitale britannique le 9 décembre, et 59% de celles de l'Est de l'Angleterre.

Les chiffres illustrent bien à la vitesse à laquelle la version mutée du virus se propage. Le 18 novembre, la variante, apparue pour la première fois en Angleterre en septembre, ne représentait que 28% des cas signalés à Londres.

Les mutations d'un virus sont courantes. Souvent, ils ne sont pas immédiatement problématiques, c'est pourquoi aucune mesure immédiate n'a été prise lorsque la mutation a été trouvée dans les laboratoires. La variante a reçu le code VUI-202012/01 et diffère génétiquement en plusieurs parties des variantes précédentes. Les scientifiques qui ont traité le problème ne pensent pas encore que la nouvelle version soit plus dangereuse. Il n'y a pas non plus de signes suggérant que les nouveaux vaccins sont moins efficaces.

La vaccination de la population est donc désormais d'autant plus importante, selon le secrétaire britannique à la Santé. Le Royaume-Uni s'attend à ce qu'environ un demi-million de personnes aient été vaccinées d'ici la fin de ce week-end. La campagne de vaccination se déroule bien jusqu'à présent, a déclaré Hancock.


Il a défendu le resserrement brutal des règles juste avant Noël. "Il était de notre devoir d'intervenir lorsque nous recevions des informations sur la nouvelle variante." Les personnes vivant à Londres et dans certaines parties de l'est et du sud-est de l'Angleterre ne sont plus du tout autorisées à se rendre visite. Aucune exception n'est faite pour Noël. Les magasins non essentiels sont fermés et les gens doivent rester à la maison autant que possible. Pour le travail, les études, les sports de plein air ou, par exemple, les funérailles avec un maximum de 30 personnes présentes, les résidents sont autorisés à sortir.