Cette circulaire publiée jeudi au Bulletin officiel, pour une application dans les écoles et les rangs du ministère, rappelle qu'il "convient de proscrire le recours à l'écriture dite inclusive qui utilise notamment le point médian".

Les promoteurs de l'écriture inclusive y voient un moyen de lutter pour l'égalité femmes/hommes, ses détracteurs pointent son illisibilité ou son sectarisme politique.

Outre l'utilisation de mots "neutres", elle préconise d'user à la fois du féminin et du masculin quand on s'adresse aux hommes et aux femmes, et remet en cause la règle d'accord de la langue française selon laquelle, au pluriel, "le masculin l'emporte sur le féminin". Elle se traduit notamment par des graphies comme "les député.e.s" ou "les électeur.rice.s".

Interrogé devant la commission de l'éducation de l'Assemblée nationale jeudi soir, Jean-Michel Blanquer a estimé qu'il "y a un risque énorme avec le point médian quant à la transmission du français".

Selon cette circulaire, "l'écriture inclusive modifie le respect des règles d'accord usuelles attendues dans le cadre des programmes d'enseignement".

Dans le Journal du dimanche du 2 mai déjà, Jean-Michel Blanquer soulignait que "mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous, par exemple pour les élèves dyslexiques". "On a un énorme enjeu de consolidation des savoirs fondamentaux et l'écriture inclusive vient en barrage de cet enjeu", selon le ministre.

La circulaire précise toutefois qu'il convient d'appliquer la féminisation des fonctions quand elles sont occupées par des femmes.

A l'Assemblée, une proposition de loi interdisant l'usage de l'écriture inclusive aux personnes en charge d'une mission de service public a été déposée par un député du parti au pouvoir.