"Le ministre de la Santé, Salvador Illa, commence aujourd'hui ses dernières 24 heures à la tête du ministère. Il participera à son dernier conseil des ministres mardi et son remplaçant sera annoncé" ce jour-là, a indiqué l'exécutif du socialiste Pedro Sanchez dans un communiqué.

Le départ de M. Illa du gouvernement était connu depuis la fin décembre mais le gouvernement n'en avait pas encore fixé la date précise. Selon la presse, sa remplaçante devrait être la ministre des Politique territoriale et de la Fonction publique, Carolina Darias.

Pedro Sanchez avait initialement fait appel à M. Illa en tant que représentant des socialistes catalans au sein du gouvernement, dont la conception est toujours un subtil exercice dans ce pays très décentralisé.

Mais avec la pandémie, ce Catalan de 54 ans s'est retrouvé sous le feu des projecteurs et est devenu le visage de la lutte contre le Covid en Espagne.

Après un an au sein du gouvernement, M. Illa sera le candidat des socialistes lors des prochaines élections régionales en Catalogne (nord-est), région qui a été le théâtre d'une tentative de sécession en 2017.

Ce scrutin doit normalement se tenir le 14 février comme prévu initialement, la justice étant revenue sur la décision du gouvernement régional de les reporter à la fin mai en raison de la pandémie.

Selon les derniers sondages, M. Illa pourrait arriver en tête devant les indépendantistes qui gouvernent actuellement la région.

Il quitte le gouvernement alors que l'épidémie est repartie à des niveaux records en Espagne, qui est déjà l'un des pays les plus touchés d'Europe avec plus de 55.000 morts.

Dans ce contexte, M. Illa et le gouvernement font face à la pression grandissante de nombreuses régions qui réclament des mesures sanitaires beaucoup plus strictes mais l'exécutif s'y refuse alors que la pays reste traumatisé par le confinement du printemps, l'un des plus stricts au monde.

"Illa est le pire ministre de la Santé d'Europe", a lancé lundi le chef du Parti Populaire (droite), Pablo Casado, dans le quotidien La Vanguardia, en indiquant ne "pas comprendre" pourquoi le gouvernement n'autorisait pas les régions, compétentes en matière de santé, à prendre des restrictions plus sévères.