Le ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Philippe Goffin, a plaidé mardi en faveur d'une "approche équilibrée" vis à vis de la Chine, et d'un "dialogue constructif" avec le régime de Pékin, sur fond de désaccords entre les Européens et les Etats-Unis, dans un contexte de développements technologiques, comme la 5G. La Chine a fait son apparition sur l'écran radar de l'Otan, à la demande de Washington.

L'administration du président américain Donald Trump fait pression sur les pays européens pour qu'ils ne donnent pas accès à l'équipementier Huawei dans leurs futurs réseaux de télécommunications 5G, y voyant un risque d'espionnage.

Le secrétaire (ministre) américain de la Défense, Mark Esper, a encore prévenu samedi dernier les Européens qu'en autorisant Huawei pour construire les réseaux 5G ils risquaient de "menacer" l'Otan.

Intervenant mardi devant les commissions conjointes de l'Assemblée parlementaire de l'Otan réunies à huis clos à Bruxelles, M. Goffin (MR) a admis la nécessité d'"élargir notre champ de réflexion hors de l'Europe et de son voisinage" alors que la compétition s'intensifie entre les grandes puissances.

"Il est donc logique que la Chine fasse son apparition à l'agenda de l'Otan. La Belgique plaide pour une approche équilibrée à ce titre. Nous devons renforcer notre connaissance de la situation pour mieux comprendre l'impact de la Chine sur notre sécurité. Mais en tant qu'Alliance, nous devons aussi tendre la main à Beijing (Pékin, ndlr) et nous engager dans un dialogue constructif".