Selon le programme officiel détaillé du voyage publié lundi par le Saint-Siège, le pape se rendra en avion le 6 mars au matin dans la ville sainte de Najaf, au sud de Bagdad, pour "une visite de courtoisie" au grand ayatollah.

Agé de 90 ans et figure tutélaire de la politique irakienne, Ali Sistani n'apparaît pas en public, reçoit très rarement des visiteurs et délivre ses sermons aux prières hebdomadaires du vendredi par le biais d'un de ses représentants.

Le cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de l'Eglise catholique chaldéenne d'Irak, avait pris les devants en annonçant récemment la rencontre négociée entre les deux dirigeants religieux.

Juste avant la publication de son programme officiel en Irak, le pape François avait exprimé son désir de voyager à nouveau lors d'un long discours devant les ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège.

Il y a deux ans, le pape François avait signé à Abou Dhabi un document sur la liberté religieuse avec le cheikh Ahmed al-Tayeb, le grand imam de l'institution de l'islam sunnite Al-Azhar, basée au Caire.

Le voyage du pape en Irak sera une première pour un souverain pontife, même s'il pourrait être annulé à la dernière minute en fonction de la situation sanitaire et sécuritaire d'un pays secoué depuis 40 ans par des conflits.

Durant ce voyage, François, récemment vacciné contre le Covid-19, doit notamment célébrer des messes à Bagdad dans une cathédrale visée par un attentat sanglant en 2010, et dans un stade d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien (nord), où sont réfugiés de nombreux chrétiens ayant fui les exactions du groupe jihadiste Etat islamique (EI). Il doit aussi rencontrer les autorités politiques du pays.