Lors d'un vote mardi dont le résultat a été dévoilé mercredi, les eurodéputés, dont au moins la moitié sont présents à Strasbourg, tandis que les autres ont voté à distance, ont adopté, par 546 voix pour, ce système de certificat commun pour 12 mois. 93 ont voté contre, 51 se sont abstenus.

Ces certificats attestent qu'une personne a été vaccinée contre le Covid-19, qu'elle a passé un test négatif ou qu'elle est immunisée après une infection. Ils sont délivrés gratuitement, en format numérique ou papier, et doivent permettre d'éviter de faire des quarantaines dans les pays de destination.

"Après un temps record de négociations, moins de deux mois, nous avons réussi", s'est félicité l'eurodéputé socialiste espagnol Juan Fernando Lopez Aguilar, rapporteur de ce texte qui, selon lui, "relance la liberté de mouvement des citoyens européens".

"Il est LA réponse européenne permettant de mettre fin au patchwork de règles différentes", s'est réjouie la centriste française Nathalie Colin-Oesterlé.

"Plus d'un million de citoyens de l'UE ont déjà un certificat Covid"

Lors d'un débat mardi dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, le commissaire à la Justice Didier Reynders a encouragé les Etats à émettre déjà de tels certificats pour éviter un embouteillage dans les procédures au début de l'été.

Selon lui, "plus d'un million de citoyens ont déjà reçu ces certificats, et beaucoup d'autres suivront dans les semaines et les mois à venir". Bulgarie, Croatie, République tchèque, Danemark, Allemagne, Grèce, Pologne, Lituanie et Espagne ont commencé à en délivrer. En France, le pass sanitaire est entré en vigueur ce mercredi.

Si le texte européen encadrant ce certificat Covid concerne la libre circulation, les Etats membres peuvent utiliser ce document à d'autres fins (festivals, concerts, rencontres sportives...) dans le cadre de leur législation nationale.

Malgré un large vote favorable, plusieurs eurodéputés ont émis des réserves quand à la protection des données personnelles. L'eurodéputée écologiste française Michèle Rivasi a estimé qu'il "ouvre un nouveau risque en manière de traçabilité".

Par ailleurs, "ce certificat n'est pas consolidé par la gratuité des tests (...), il ouvre donc la voie à des risques de discriminations", a regretté la socialiste française Sylvie Guillaume.

La Commission européenne a promis 100 millions d'euros -- une somme insuffisante pour les eurodéputés favorables à une gratuité -- pour l'achat de tests Covid, qui, s'ils sont pris en charge par la Sécurité sociale en France, peuvent être très coûteux dans certains pays.