Le pôle santé publique, compétent pour mener des investigations concernant les infractions d'une grande complexité liées à un produit de santé, dirige désormais les enquêtes préliminaires ouvertes pour "homicide involontaire", après le dépôt des plaintes à Toulouse, Paris et Nantes, et de premières investigations menées par les parquets locaux.

Selon le parquet de Paris, les plaignants "s'interrogent notamment sur le rôle causal du vaccin Astrazeneca, qui avait été administré à leur proche avant le décès".

"On a saisi les parquets locaux dans un souci de rapidité de nos plaintes, pour avoir des autopsies, en leur demandant ensuite de transférer le dossier à Paris", a expliqué à l'AFP Me Etienne Boittin, avocat à l'origine des plaintes.

A Nantes, un étudiant en médecine de 26 ans est mort subitement chez lui d'une thrombose (caillot) le 18 mars, quelques jours après une injection du vaccin.

Les résultats de l'autopsie devraient être connus "d'ici quelques jours", selon Me Boittin.

A Toulouse, une assistante sociale de 38 ans a vu son état de santé se dégrader peu de temps après avoir reçu sa première injection et est décédée le 29 mars d'une thrombose au cerveau. Sa famille a porté plainte le 2 avril.

Me Boittin dit être saisi d'une quinzaine de cas de personnes décédées en France après avoir été vaccinées à l'AstraZeneca, très majoritairement des personnes âgées de "moins de 60 ans".

L'utilisation du vaccin AstraZeneca a été restreinte dans la plupart des pays de l'Union européenne à cause de très rares cas de thromboses qu'il peut provoquer. Le Danemark ne l'utilise plus.

En France, depuis le 19 mars, le vaccin n'est plus administré aux moins de 55 ans. Pour cette catégorie de personnes ayant déjà reçu une dose de ce vaccin, la Haute autorité de santé a recommandé une deuxième dose avec Pfizer ou Moderna.

Un comité scientifique consacré aux thromboses rares et atypiques observées après des vaccinations contre le Covid-19 a été mis en place la semaine dernière par l'ANSM, l'agence du médicament, pour contribuer à en éclaircir les mécanismes.

Ce comité de spécialistes (infectiologues, virologues, immunologues, épidémiologistes...), qui intègre aussi un représentant des associations de patients, va se pencher sur l'ensemble des vaccins utilisés contre le Covid-19.