Comme il était sous le coup d'une condamnation à trois ans et demi de prison avec sursis au moment des faits, le parquet a également requis que l'opposant purge cette peine. Un autre tribunal avait déjà converti, le 2 février, ce sursis en sentence ferme.

Le militant anti-corruption est arrivé dans la matinée dans un tribunal du nord de la capitale russe pour la troisième audience d'un procès en diffamation intenté par un vétéran de la Seconde guerre mondiale.

"Les poursuites contre Navalny sont fantaisistes et arbitraires", a plaidé de son côté son avocate Olga Mikhaïlova, "la défense est en désaccord catégorique avec l'accusation, il n'y a aucun élément constitutif d'un délit dans cette affaire".

La décision du juge est attendue le 20 février.

Alexeï Navalny, 44 ans, est accusé d'avoir diffusé des informations "mensongères" et "injurieuses" au sujet de cet ancien combattant qui avait défendu dans un clip de campagne, l'été dernier, un référendum ayant renforcé les pouvoirs de Vladimir Poutine. Il avait qualifié, sur un réseau social, les intervenants dans cette vidéo de "honte de la Nation" et de "traîtres".

Lors des audiences, l'opposant a multiplié les échanges tendus avec le ministère public et la juge, dénonçant leur partialité et leur soumission au pouvoir.

En parallèle, la justice doit examiner mardi une plainte en diffamation déposée contre Alexeï Navalny pour un puissant oligarque proche du Kremlin, Evguéni Prigojine.

La justice russe doit également étudier un appel de M. Navalny qui conteste une amende de 3,3 millions de roubles (37.000 euros au taux actuel) qu'il doit verser à une entreprise agroalimentaire dans le cadre d'un autre procès en diffamation.