Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a annoncé mercredi la reconstruction du Nagorny Karabakh et le retour des réfugiés, après la fin des combats dans cette enclave montagneuse de l'Azerbaïdjan peuplée quasi exclusivement d'Arméniens.

Nikol Pachinian a ainsi fait un pied de nez à l'opposition, qui réclame sa démission depuis la signature d'un accord de paix jugé humiliant avec l'Azerbaïdjan, sous l'égide de la Russie. Cet accord, qui a mis fin à près de six semaines de combats meurtriers pour le contrôle du Nagorny Karabakh, consacre d'importants gains territoriaux à l'Azerbaïdjan dans la région disputée qui avait déjà fait l'objet d'une guerre dans les années 1990.

Le chef du gouvernement arménien a toutefois admis mercredi être responsable des "échecs" de la guerre avec l'Azerbaïdjan.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine a récemment réitéré son soutien à M. Pachinian au cours d'une interview donnée à Moscou à la télévision d'État, arguant qu'un changement de pouvoir en Arménie serait "suicidaire".

Mercredi, Nikol Pachinian a également annoncé à Erevan une aide pour les familles des soldats morts au combat. Le nombre de victimes s'établit à 1.568 décès, selon les chiffres officiels. De son côté, Vladimir Poutine a fait référence au cours de son interview à plus de 4.000 morts et 10.000 blessés dans les deux camps durant la période d'affrontement.

Pour le Premier ministre arménien, la priorité consiste maintenant à clarifier le statut politique du Nagorny Karabakh, a-t-il souligné mercredi. Cette tâche incombera au groupe de Minsk, co-présidé par la Russie, la France et les Etats-Unis et chargé depuis 1992 de la médiation dans le dossier du Nagorny Karabakh. Il se réunissait mercredi à Moscou.

Le Nagorny Karabakh, soutenu économiquement et militairement par l'Arménie, est de facto indépendant de l'Azerbaïdjan depuis une guerre qui, dans les années 1990, a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de déplacés. Cette indépendance n'est toutefois pas reconnue par la communauté internationale.

Le conflit s'était ravivé fin septembre. La Turquie, ennemi ancestral de l'Arménie, avait pris partie pour l'Azerbaïdjan, tandis que la Russie soutenait les Arméniens. L'accord de paix conclu après six semaines de combats a finalement permis à Bakou de garder le contrôle des zones conquises. Mardi, Moscou a commencé à déployer quelque 2.000 soldats de maintien de la paix dans la région.