Recep Tayyip Erdogan a pris un ton des plus martiaux, samedi, pour enjoindre à son homologue français de ne pas chercher "querelle à la Turquie". "M. Macron, vous n’avez pas fini d’avoir des ennuis avec moi", a lancé le président turc, s’en prenant pour la première fois directement et nommément au chef de l’État français.

Emmanuel Macron et ses six homologues du sud de l’Union européenne avaient exhorté la Turquie, jeudi, à cesser sa politique de "confrontation" en Méditerranée orientale, le menaçant de sanctions s’il continuait à contester les droits d’exploration gazière de la Grèce et de Chypre dans la zone. Le président français avait aussi estimé que le gouvernement turc "avait aujourd’hui des comportements inadmissibles" et devait "clarifier ses intentions".

Retour au port

Dimanche, on apprenait toutefois que le navire de recherche turc, Oruç Reis, qui avait été déployé par Ankara, était rentré à Antalya. "Il s’agit d’un premier pas positif" et "j’espère qu’il y en aura d’autres", a indiqué Kyriakos Mitsotakis. La veille, le Premier ministre grec avait accusé la Turquie de "menacer" les frontières orientales de l’Europe et de "mettre en péril" la sécurité régionale.

La Turquie revendique le droit d’exploiter des gisements d’hydrocarbures dans une zone maritime qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. Ces dernières semaines, les deux pays, membres de l’Otan, ont montré leurs muscles à coups de déclarations martiales, de manœuvres militaires et d’envois de navires sur cette zone. La France a clairement affiché son soutien à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région, une initiative vivement dénoncée par le président turc.

C’est dans ce contexte tendu que le Premier ministre grec a annoncé samedi un "important" programme d’achats d’armes et une réorganisation des forces armées du pays. Kyriakos Mitsotakis a précisé que la Grèce allait se procurer 18 chasseurs de fabrication française Rafale, ainsi que des frégates et des hélicoptères, recruter 15 000 soldats supplémentaires et financer davantage son industrie de défense. "L’heure est venue de renforcer nos forces armées […] Il s’agit d’un programme important qui formera un bouclier national."