Le roi d'Espagne Felipe VI renonce à l'héritage de son père, l'ancien roi Juan Carlos, et lui retire sa dotation, a annoncé dimanche soir le palais royal. Cette annonce, qui sonne comme un coup de tonnerre en Espagne, intervient après plusieurs révélations récentes de la presse internationale.

Le quotidien la Tribune de Genève a notamment affirmé que Juan Carlos avait reçu, en 2008, 100 millions de dollars de la part du roi d'Arabie saoudite Abdallah sur le compte en Suisse d'une fondation panaméenne.

Et le quotidien The Daily Telegraph a indiqué pour sa part que Felipe VI était bénéficiaire de cette fondation.

Dans le communiqué du palais royal, Felipe VI indique avoir signifié en avril dernier devant notaire sa volonté de n'accepter "aucun bénéfice ou participation au sein de cette entité".

Felipe VI assure par ailleurs qu'il "ignore complètement à ce jour sa supposée désignation comme bénéficiaire" d'une autre fondation qui selon la presse aurait financé des millions d'euros de vols en jets privés pour Juan Carlos.

Juan Carlos Ier a régné 40 ans en Espagne, où il avait accédé au trône après la mort du dictateur Francisco Franco en 1975. Il restera notamment dans l'histoire pour avoir favorisé la transition de la dictature à la démocratie en 1977 puis stoppé un putsch militaire en 1981.

Mais il avait dû abdiquer en juin 2014 en faveur de son fils, sur fond de scandales.

A peine intronisé, Felipe VI, avait pris ses distances pour tenter de redorer l'image ternie de la monarchie, alors que la presse critiquait déjà les frasques de Juan Carlos - parti chasser l'éléphant en Afrique en compagnie de sa maîtresse à l'époque, Corinna zu Sayn-Wittgenstein - mais aussi ses liens avec les monarchies du Golfe et l'opacité de sa fortune.

Le Palais a aussi annoncé que Juan Carlos Ier ne pourra plus percevoir la dotation annuelle qui lui était assignée, qui était de plus de 194.000 euros selon la presse.