Le roi d'Espagne Felipe VI a appelé mercredi les Espagnols à s'unir face à la pandémie de coronavirus qui, a-t-il dit, rendra finalement la société "plus forte" et "plus solidaire" alors que la monarchie est une nouvelle fois contestée dans le pays. 

Pendant son bref discours des concerts de casseroles se sont fait entendre dans plusieurs quartiers de Barcelone mais aussi de Madrid pour dénoncer la corruption dont est soupçonnée son père, l'ancien roi Juan Carlos Ier, âgé de 82 ans.

"Maintenant nous devons laisser de côté nos différences, nous devons nous unir autour d'un même objectif: surmonter cette situation grave", a dit Felipe VI, alors que l'Espagne est durement frappé par la pandémie - avec près de 14.000 personnes contaminées et 600 morts, et tous les habitants confinés chez eux.

"Ce virus ne nous vaincra pas, au contraire, il nous rendra plus forts comme société, une société plus engagée, plus solidaire, plus unie", a déclaré solennellement Felipe VI, dans le quatrième pays du monde le plus affecté par la maladie Covid-19, liée au coronavirus.

"Maintenant, nous devons résister, tenir bon", a insisté le monarque qui, à part ses messages traditionnels de Noël, n'avait pas prononcé ce type de discours depuis octobre 2017, au moment du processus de tentative de sécession de la Catalogne.

Selon la consigne diffusée sur les réseaux sociaux, les concerts de casseroles visaient à réclamer que Juan Carlos Ier "donne à la santé publique 100 millions" de dollars de la fortune occulte qu'il détiendrait en Suisse.

Felipe VI avait surpris dimanche soir en annonçant, par un communiqué, qu'il renonçait à l'héritage de son père et qu'il lui retirait sa dotation annuelle, évaluée par la presse à 194.000 euros, "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Il avait fait cette annonce après plusieurs révélations de la presse internationale sur la fortune opaque que Juan Carlos Ier est soupçonné depuis des années de détenir.

Le quotidien La Tribune de Genève a notamment affirmé début mars que l'ancien roi avait reçu, en 2008, 100 millions de dollars de la part du roi d'Arabie saoudite Abdallah sur le compte en Suisse d'une fondation panaméenne. Le quotidien The Daily Telegraph avait ensuite rapporté que Felipe VI était bénéficiaire de cette fondation.