Le Royaume-Uni a entamé mardi des négociations avec le Japon en vue d'un accord commercial bilatéral, censé venir remplacer les règles d'échange qui valent encore tant que Londres fait partie de l'union douanière européenne. 

Le Royaume-Uni poursuit ainsi ses efforts de négociation de multiples accords commerciaux, à la suite du Brexit.

C'est la secrétaire d'Etat britannique au Commerce international, Liz Truss, qui a formellement donné le coup d'envoi des négociations mardi via un entretien par vidéo avec le ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi.

Selon les mots de Liz Truss, le Royaume-Uni ambitionne "un accord de libre-échange global qui aille plus loin" que l'accord conclu entre l'UE et Tokyo, avec "des normes ambitieuses dans des domaines comme le commerce et les services digitaux". "Cet accord pourrait augmenter de 15 milliards de livres sterling le commerce entre nos pays, et faire office d'étape importante vers l'accession du Royaume-Uni au CPTPP", a souligné via Twitter la secrétaire d'Etat britannique.

Le CPTPP est un partenariat transpacifique de libre-échange conclu entre le Canada, l'Australie, Brunei, le Chili, le Japon, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, et le Vietnam. Les Etats-Unis s'en sont retirés, et il est actuellement valable, depuis fin 2018, début 2019, dans 7 pays l'ayant ratifié (Brunei, Chili, Malaisie et Pérou ne l'ont pas encore fait).

"Le CPTPP représente actuellement 13% du PIB global et augmenterait à plus de 16% si le Royaume-Uni s'y ajoutait", a souligné Liz Truss mardi dans une déclaration. Intégrer l'accord transpacifique permettrait surtout à Londres d'avoir un accès facilité aux marchés d'Asie-Pacifique.

Selon la BBC, le Japon est le quatrième partenaire commercial du Royaume-Uni, hors UE. Leurs échanges commerciaux atteignaient 31,4 milliards de livres l'an dernier, avec des exportations vers le Japon de quelque 9.500 sociétés basées en Royaume-Uni, ajoute le média.

En cas d'absence d'accord, Londres et Tokyo retomberaient dès début 2021 sur les règles de base de l'OMC régissant le commerce international. Sans prolongation de la "période de transition" actuelle, c'est en effet à ce moment que le Royaume-Uni quittera le marché unique européen et perdra donc aussi le bénéfice des accords commerciaux passés au niveau de l'UE.