Le ministère de la culture aurait reçu pas moins de neuf rapports ou mails de la part de l’inspection du travail et des contrôleurs de la caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France, soulignent nos confrères de Médiapart. 

Des analyses qui détaillaient les défaillances des installations de décontamination au plomb et qui avertissaient des risques auxquels les ouvriers du chantier seraient exposés ont toutes été passées sous silence.

En l’absence de réaction de la part du ministère, le préfet de la région a décidé d’interrompre le chantier afin de forcer la remise aux normes des installations. Médiapart souligne qu’en arrêtant les travaux, le préfet met fin à la prévalence des intérêts économiques et politiques sur la santé publique. L’arrêt est nécessaire afin de “protéger tous les corps de métiers intervenant sur le chantier de Notre-Dame de Paris et continuer de garantir que ces travaux ne génèrent pas de pollution à l’extérieur de celui-ci”, explique le préfet.

Un rapport de l’inspection du travail datant du 22 juillet indique notamment que “les installations de décontamination sont sous-dimensionnées et que les règles sont insuffisamment respectées sur le chantier”. Les inspecteurs du travail constatent également que “les travailleurs ne prennent pas de douche d’hygiène” de décontamination. Des personnes peuvent également “entrer et sortir sans appareil de protection respiratoire et sans passage par un sas de décontamination”. Ces personnes qui se rendent sur le chantier peuvent alors exporter la pollution au plomb en dehors du chantier et y exposer leurs familles et leurs proches.

La direction régionale du travail rappelle à Médiapart que sur le chantier de Notre-Dame de Paris, le ministère de la culture est, comme les maîtres d’ouvrage publics, “assujetti aux mêmes obligations que les maîtres d’ouvrage privés en matière de prévention de la santé et de la sécurité des travailleurs sur les chantiers”. Des contrôles sont donc effectués.