On apprenait ce lundi que la plupart des 120 voitures du service des chauffeurs du Parlement européen effectuent le trajet Bruxelles-Strasbourg pour les séances plénières mensuelles dans la capitale alsacienne. Mais le Parlement européen a tenu à repréciser quelques faits.

Pour rappel, le Parlement européen possède deux sièges: un à Strasbourg où se tiennent la toute grande majorité des plénières et un à Bruxelles qui accueille quelques plénières et la plupart des réunions de commissions. Les eurodéputés doivent donc régulièrement faire le déplacement entre ces deux villes.

Afin de pouvoir conduire les eurodéputés de l'aéroport ou de la gare vers le Parlement, plus de cent véhicules font régulièrement la navette. Or, seuls quelques-uns des 751 élus profitent de cette possibilité pour faire aussi le trajet de Bruxelles à Strasbourg, ce qui veut dire que la plupart font le trajet à vide.

Si le chiffre de 120 voitures à faire le déplacement avait été avancé, le Parlement européen parle en fait plutôt de 105 véhicules. "Nous possédons 15 voitures totalement électriques, très utiles en ville, mais qui ne peuvent pas faire le déplacement entre Bruxelles et Strasbourg étant donné que leurs batteries ne sont pas assez puissantes", a-t-il réagi dans un mail envoyé à notre rédaction. 

Sur ces 105 véhicules, combien sont réellement utilisés par les députés?

Dans un premier temps, l'une des porte-parole de l'institution avait déclaré à l'agence de presse allemande DPA que lors de la session de novembre dernier, seuls 25 députés avaient sollicité ce service. Mais le Parlement a tenu à rappeler que ces voitures sont aussi utilisées par les officiels, les dignitaires et les invités du Parlement. "Le nombre de voitures utilisées chaque mois tourne autour de 70", explique l'institution. Sur base de ses propres calculs, elle reconnaît toutefois que 35 voitures font effectivement le trajet pour rien. "Nous travaillons à une solution qui permettrait d'utiliser les voitures restantes", souligne-t-elle. 

Le Parlement souligne en tout cas que cette manière de faire est "dans l'intérêt de la bonne gestion financière". 

L'assemblée avait décidé en 2016 d'internaliser ce service plutôt que de passer par une société extérieure. Il s'agissait notamment d'améliorer le statut social des chauffeurs, mais aussi de répondre à des exigences de sécurité, après la découverte de CD faisant la propagande de l'organisation État islamique dans les effets personnels de deux chauffeurs d'une société extérieure.

Cette polémique apporte toutefois de l'eau au moulin de ceux qui remettent en cause l’utilité de maintenir deux sièges différents.