Plus important groupe politique au Parlement européen, le PPE soutient l'instauration d'ici l'été du "certificat numérique vert" qui permettrait à son porteur, au moyen d'un document digital ou papier gratuit muni d'un code QR, de prouver qu'il a été vacciné, testé négatif ou qu'il dispose d'une immunité anticorps contre la Covid-19.

Pour autant, le président du CD&V Joachim Coens craint que les personnes qui n'ont pas eu la possibilité d'être vaccinées soient discriminées par le coût du test PCR, les jeunes en particulier. Il propose de rendre ces tests gratuits pour les personnes qui n'ont pas encore eu la possibilité de recevoir un vaccin. En Belgique, les tests de détection du coronavirus sont remboursés si on a reçu un code d'activation ou une prescription médicale.

Les socialistes et sociaux-démocrates (S&D) soutiennent aussi le certificat. L'eurodéputée Kathleen Van Brempt (sp.a) insiste sur la nécessité pour le Conseil (États membres) d'établir clairement les droits et devoirs qui y sont liés. Le S&D veut notamment des règles claires sur la collecte des données, leur utilisation et leur accès.

A l'instar de Hilde Vautmans (RE, Open Vld), les partis soulignent l'intérêt du document pour éviter un chaos de mesures en tous sens entre États membres, et insistent sur l'importance d'un secteur touristique qui offre de l'emploi à 25 millions de travailleurs européens.

Les écologistes soutiennent aussi l'initiative, moyennant des balises anti-discrimination et protectrice des données personnelles. Toutefois, pour le chef de groupe des Verts/ALE, Philippe Lamberts, la précipitation serait mauvaise conseillère: le certificat ne devrait être utilisé pour faciliter la libre circulation qu'à partir du moment où l'accès aux tests est simple et universel. Il ne faudrait pas non plus que le document conduise à un faux sentiment de sécurité, met-il en garde, car il n'est pas encore établi que la vaccination empêche effectivement la transmission de la maladie.

Assita Kanko (N-VA, CRE) se dit "prudemment satisfaite" de la proposition de la Commission. Mais elle doute que cette dernière puisse la faire aboutir d'ici l'été. Elle aussi insiste sur la sécurité juridique et la protection de la vie privée.

Les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-sept devraient aborder ce dossier lors de leur sommet des 25 et 26 mars prochains. Le Parlement sera également amené à se prononcer. Le Premier ministre belge Alexander De Croo s'y est déjà montré favorable: la Belgique a entamé les préparatifs du futur système, en prêtant une attention particulière au respect de la vie privée, a-t-il dit.