Ce régime de semi-liberté leur a été accordé par le gouvernement régional, contrôlé par les séparatistes, qui a la gestion des prisons parmi ses nombreuses compétences. Mais cette décision peut faire l'objet d'un appel du parquet qui devra être tranché par la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays. En vertu de ce régime, l'ancien vice-président régional Oriol Junqueras, qui a reçu la peine la plus lourde, cinq autres ex-membres du gouvernement régional, l'ancienne présidente du Parlement régional et l'ex-président et le président des organisations ANC et Omnium Cultural passeront les week-ends chez eux. Ils devront retourner en prison pour y dormir du lundi au vendredi matin.

Avant de bénéficier de ce régime de semi-liberté, ils avaient déjà obtenu des autorisations de sortie pour aller travailler ou faire du bénévolat, ce qui avait été dénoncé comme un traitement de faveur par les partis anti-sécession.

En prison depuis plus de deux ans, voire près de trois pour certains, en raison de leur placement en détention provisoire, ces neuf indépendantistes avaient été condamnés en octobre 2019 à des peines de 9 à 13 ans de prison pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017. Leur condamnation avait entraîné de nombreuses manifestations en Catalogne, dont certaines avaient dégénéré en violences. En octobre 2017, les séparatistes catalans avaient organisé un référendum d'autodétermination pourtant interdit par la justice, avant de déclarer unilatéralement l'indépendance de la région.

Madrid avait en réaction destitué le gouvernement régional de Carles Puigdemont - qui a fui en Belgique, dissous le parlement régional et placé la région sous tutelle.