La France a mis en place les mesures de confinement "les plus strictes d'Europe", depuis mardi, 12H00, a fait valoir mardi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, en soulignant que "les activités collectives sont interdites" pour tenter d'endiguer la pandémie de coronavirus.

"Restez chez vous, vous pourrez nous aider, c'est ainsi que vous serez des alliés de notre guerre", a déclaré le ministre de l'Intérieur à l'issue d'un Conseil des ministres consacré à la mise en place des mesures de confinement annoncées la veille par Emmanuel Macron.

"Le repas de famille, les dîners entre amis, le match de foot avec quelques amis, les retrouvailles pour une partie de cartes. (...) Ça n'est pas seulement déconseillé, c'est interdit", a-t-il développé.

"Derrière chaque poignée de main, chaque bise, ce sont des morts de plus", a-t-il insisté, alors que le bilan officiel en France a atteint les 148 morts et 6.633 cas, selon le dernier bilan lundi soir.

Quelque 100.000 policiers et gendarmes sont en train d'être déployés sur le territoire national "pour contrôler les déplacements", a-t-il poursuivi; dans un souci de "pédagogie" mais aussi de "coercition", a précisé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, dans la foulée du ministre de l'Intérieur.

Mme Ndiaye a par ailleurs indiqué qu'elle ne pouvait "pas garantir" que le confinement "ne durera que quinze jours", mais que le gouvernement n'envisageait pas "à ce stade" de couvre-feu.

Suivant les recommandations de la commission européenne et de sa présidente Ursula von der Leyen, les "entrées des ressortissants étrangers à l'Union européenne, à l'espace Schengen et Royaume-Unis, sont interdites au sein de l'espace européen".

"Pour les ressortissants des pays tiers, les frontières seront fermées", a expliqué Christophe Castaner, sauf ceux "ayant un permis de séjour en vigueur".

Le transport de marchandise n'est pas concerné. "Il n'y a pas de crainte à avoir pour les approvisionnements en denrées alimentaires et en matériel de soin", a déclaré le ministre.

L'activation de l'article 16 de la Constitution, qui confère des pouvoirs exceptionnels au chef de l'État, n'est toutefois "absolument pas envisagée", a précisé Sibeth Ndiaye.

Essais cliniques dupliqués

Des masques de protection contre le coronavirus "réservés" aux professionnels de santé vont être distribués en pharmacie, a par ailleurs annoncé la porte-parole.

"Notre priorité est aujourd'hui que les soignants puissent disposer de ces masques", a affirmé Mme Ndiaye, car "cette première ligne de soignants, si elle est elle-même trop infectée par le coronavirus", alors "nous allons au devant de graves difficultés".

A propos de premiers essais cliniques avec de la chloroquine, un médicament déjà utilisé contre le paludisme, pour soigner les malades atteints du Covid-19, ils ont été jugés "prometteurs" par Mme Ndiaye, et "seront étendus", notamment à l'hôpital de Lille. Elle a souligné avec prudence, que à ce stade, "nous n'avons pas de preuve scientifique" que ce traitement fonctionne, et en mettant en garde sur des effets indésirables potentiellement graves.

Enfin, le second tour des élections municipales se tiendra "idéalement le 21 juin", a assuré la porte-parole, mais une décision ne sera prise qu'en mai sur la base des expertises sur l'évolution de la crise du coronavirus. En cas d'avis négatif, le scrutin pourrait être repoussé à l'automne.

Au Conseil des ministres de mardi matin seuls neuf ministres étaient présents physiquement, les autres y participant par visioconférence.

De même, le compte-rendu à la presse était inédit: M. Castaner et Mme Ndiaye ne se sont exprimés qu'auprès d'une seule journaliste, qui a relayé les questions de ses confrères envoyées par messagerie.