C’est la douche froide pour les professionnels des stations de ski. Mardi soir, le président français a quasiment écarté la possibilité que celles-ci ouvrent pour les vacances de Noël.
Une concertation est en cours “mais il me semble toutefois impossible d’envisager une ouverture pour les fêtes ”, a dit Emmanuel Macron, estimant “ préférable de privilégier une réouverture courant janvier dans des bonnes conditions ”.

La quasi-décision française s’appuie sur une série de constatations, dont la difficulté de respecter les gestes barrière dans les stations d’hiver, le souvenir des désastreuses vacances de Carnaval à l’amorce de la première vague et l’engorgement à cause du Covid-19 des hôpitaux en Rhône-Alpes et en Franche-Comté.

Une concertation européenne en cours

À l’initiative de Paris, une concertation est en cours au niveau européen pour éviter que des pays profitent des mesures de prudence établies par d’autres.
La France s’ajoute à l’Italie et à la Bavière, qui ont exclu lundi une réouverture des stations de ski pendant les fêtes. “ Nous ne pouvons pas nous permettre d’autoriser les séjours à la neige ”, a déclaré lundi le Premier ministre italien Giuseppe Conte, qui travaille notamment sur une restriction des déplacements d’une région à une autre. “ Je préférerais avoir un commun accord au niveau européen : pas de remontées mécaniques ouvertes, pas de vacances (de ski) nulle part ”, a insisté de son côté le dirigeant de la Bavière, Markus Söder.

Le dirigeant conservateur, qui préside la CSU, tente de dissuader ses compatriotes d’aller skier en Autriche, qui elle, prévoit toujours d’ouvrir ses stations à partir du 7 décembre. Vienne fait valoir que l’économie autrichienne repose en partie sur son industrie touristique et perdrait 2,4 milliards d’euros de recettes sur les trois semaines de vacances de Noël. Le ministre autrichien des Finances Gernot Blümel a d’ores et déjà déclaré qu’il attendrait de l’Union européenne “ qu’elle compense les pertes à hauteur de 80 % ” en cas de fermeture collective des stations de ski dans l’Union.

La Suisse s'interroge Reste la Suisse, qui a déjà ouvert les stations de ski qui disposent d’assez de neige, pris des décisions comme la fermeture des restaurants mais se demande comment réagir face à une éventuelle mesure européenne. Déjà on s’agglutine à Zermatt et à Saas-Fee, dans les files d’attente – mais masqués.

On apprend en outre ce mercredi soir que l'Allemagne, via un texte négocié par Angela Merkel et les Etats régionaux allemands, veut que l'Union européenne interdise les séjours de ski d'ici le 10 janvier pour éviter de nouvelles infections au Covid-19.