Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson ont eu une rencontre "utile" de près d'une heure mardi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, après une montée de tensions liées au dossier syrien, sans parvenir à lever "toutes les ambiguités selon le président français. Cette réunion, organisée à Londres avant le début du sommet de l'Otan, a été "bonne et substantielle", a déclaré la chancelière allemande. Mais elle "ne peut être que le début d'une discussion plus longue car le temps était trop limité", a-t-elle ajouté. Une nouvelle réunion dans ce format pourrait se tenir en février, selon elle.

Emmanuel Macron a souligné que les quatre dirigeants avaient affiché "une claire volonté" de "dire que la priorité est la lutte contre Daech (l'acronyme arabe du groupe djihadiste Etat islamique, ndlr) et le terrorisme dans la région (au Moyen-Orient), et que rien ne saurait la divertir". Il y a aussi "une convergence très forte" entre eux sur le dossier des réfugiés en Turquie et sur la nécessité d'une solution politique au conflit syrien.

Mais "toutes les clarifications n'ont pas été obtenues et toutes les ambiguïtés n'ont pas été levées", a ajouté le président français, vivement mis en cause par son homologue turc, qui l'a jugé en "état de mort cérébrale".

Avec la Turquie, "il y a des désaccords qui existent, des choix qui ne sont pas les mêmes, mais il y a la nécessité d'avancer", a-t-il expliqué.

Les relations entre Paris et Ankara se sont tendues après le lancement de l'offensive turque dans le nord de la Syrie contre la milice kurde des YPG, un allié clé dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI).

La Turquie est exaspérée par le soutien de la France aux Forces démocratiques syriennes (FDS) et par ricochet à une de ses principales composantes, les YPG, qu'Ankara considère comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), son ennemi juré, et une entité terroriste.

Emmanuel Macron a affirmé que la France n'avait "aucune ambiguité à l'égard du PKK", qu'elle considère comme un mouvement "terroriste". Mais il a estimé que les groupes politiques luttant contre l'EI "ne sauraient être qualifiés en totalité de groupes terroristes", même si certains "peuvent avoir des accointances avec les groupes terroristes". "Nous savons faire le distingo entre les uns et les autres", a-t-il souligné.