France et Egypte sont "unies" pour construire un "espace de civilisation" dans lequel "il n'y a pas de place pour les condamnations à mort et les discours de haine quand s'exprime simplement les libertés", a affirmé M. Macron. La France a récemment fait l'objet d'appels au boycott et de manifestations dans le monde musulman après que M. Macron eut défendu la liberté de caricaturer suite à l'assassinat en octobre d'un enseignant français pour avoir montré des caricatures de Mahomet dans un cours sur la liberté d'expression.

"J'ai eu l'occasion d'évoquer, comme on le fait entre amis en confiance et toute franchise, la question des droits de l'Homme", et "je reste l'avocat constant d'une ouverture démocratique, sociale et de la reconnaissance d'une société civile dynamique et active", a souligné le président français lors d'une conférence de presse conjointe avec le président al-Sissi, dénoncé par les ONG pour des atteintes aux droits humains.

Sur ce point, "je salue la libération annoncée jeudi de trois membres d'ONG" détenus par Le Caire, a-t-il ajouté, en indiquant avoir aussi évoqué "plusieurs autres cas individuels", dont celui de Ramy Shaath, défenseur des droits égypto-palestinien, marié à une Française et dont plusieurs ONG dénoncent la détention arbitraire depuis plus d'un an.

Toutefois, "je ne conditionnerais pas notre coopération en matière de défense, comme en matière économique, à ces désaccords", a précisé le chef de l'Etat français, en faisant valoir "la souveraineté des peuples" et en estimant "plus efficace d'avoir une politique de dialogue exigeant plutôt qu'une politique de boycott qui viendrait réduire l'efficacité d'un de nos partenaires dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité régionale".