"C'est la plus grave crise sanitaire qu'ait connu la France depuis un siècle", a déclaré le président français. Le dernier comptage en France fait état de 2.281 cas, dont 105 graves, et de 48 décès - soit en 24 heures 15 morts de plus et près de 500 nouvelles contaminations.

"Depuis plusieurs semaines, nous avons préparé, agi", a-t-il souligné, remerciant les services qui ont aidé à ralentir la propagation du virus, "ces héros en blouse blanche". "Mais nous ne sommes qu'au début de cette épidémie. Partout en Europe, elle s'intensifie. Face à cela, la priorité absolue de notre nation sera notre santé. Je ne transigerai sur rien. Un principe nous guide pour définir nos actions, pour anticiper cette crise et la gérer, c'est la confiance dans la science. Il faut écouter celles et ceux qui savent. Les plus grands spécialistes se sont exprimés ce matin".

Après avoir réuni un comité scientifique de suivi, Emmanuel Macron rappelle que "le virus est en train de s'accélérer" et que sa priorité est de protéger les plus vulnérables mais également de freiner l'épidémie. "Je demande à toutes les personnes de plus de 70 ans, qui souffrent de maladie chronique ou de troubles respiratoires, de rester le plus possible chez elles. Elles peuvent bien sûr faire leurs courses mais elles doivent limiter les déplacements au maximum."

Le point sur les mesures

Les municipales auront bien lieu

"Rien ne s'oppose à ce que les Français se rendent aux urnes", a encore déclaré le chef d'Etat alors que des rumeurs persistantes évoquaient l'annulation des municipales des 15 et 22 mars. "Des consignes renforcées seront données dès demain: éviter les files, tout faire pour que les aînés n'attendent pas trop longtemps... Il est important d'assurer la continuité de notre vie démocratique." Le ministère de l'Intérieur a pour sa part recommandé aux votants d'amener leur propre stylo.

Les écoles seront fermées, le télétravail conseillé

Par contre, dès lundi, et jusqu'à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermées, a encore annoncé le président. "Je demande aux entreprises de permettre à leurs employés de travailler à distance, lorsque cela est possible."

Les transports publics continueront à rouler

"Les transports publics seront maintenus car les arrêter ce serait tout bloquer, y compris la possibilité de soigner. J'invite cependant tous les Français à limiter leurs déplacements."

Des mesures sociales et économiques

Par ailleurs, toutes les capacités hospitalières nationales seront mobilisées. Les étudiants en médecine et les jeunes retraités seront mobilisés.

La trêve hivernale sera reportée de deux mois.

Un mécanisme exceptionnel de chômage partiel sera mis en oeuvre. Déjà 3.600 entreprises ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 60.000 salariés, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Le tourisme, la restauration, l'événementiel et les transports sont particulièrement touchés. "Je veux que nous puissions protéger nos indépendants. Toutes les entreprises pourront reporter le paiement des cotisations et impôts dus en mars."

A l'échelle européenne, "nous ne laisserons pas une crise économique et financière se propager".

"On ne vient pas à bout d'une crise d'une telle ampleur sans faire bloc", a encore martelé le chef d'Etat qui a appelé à "éviter le repli nationaliste". "Ce virus n'a pas de frontière. Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontière à prendre. Mais il faudra les prendre quand ce sera pertinent et à l'échelle européenne."

Critiquant la "division" dans la réponse face à la propagation de ce virus, il a indiqué lors d'une déclaration télévisée qu'il allait prochainement échanger avec le président américain Donald Trump.