Sur France 2, les deux politiques ont enchaîné les dépassements par la droite. Opposés dans un débat sur France 2, Marine Le Pen, candidate annoncée à la présidentielle 2022, et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, ont exposé leurs convergences sur différents sujets, tout en en se reprochant réciproquement un certain laxisme. Les proches d'Emmanuel Macron, élu en 2017 pour empêcher l'extrême droite de prendre le pouvoir, ont dû faire une drôle de tête quand le présentateur a déclaré : “Vous êtes d’accord sur tout, tous les deux?”. Ou lorsque Le Pen a lancé “j’aurais pu le signer ce livre” en parlant de l'ouvrage du ministre.

Face à Marine Le Pen sous pression après le fiasco du débat contre Macron lors de la course présidentielle de 2017, Gérald Darmanin n'a pas fait l'unanimité. Même pas au sein de son propre parti, La République en marche. "Franchement, si on voulait passer sous silence les annonces sur l’égalité des chances, on ne pouvait pas mieux s’y prendre", a déploré un macroniste auprès du HuffPost.

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Un débat qui a aussi mis Gabriel Attal dans une position délicate ce matin sur Europe 1. Le porte-parole du gouvernement a peiné à justifier le ton utilisé par le ministre de l'Intérieur et s'est contenté d'attaquer une Marine Le Pen "floue" et "dangereuse pour notre pays" lorsqu'il devait répondre aux questions. 

Ce débat sert-il les thèses du Rassemblement National ? En amont de la soirée télévisée, un ministre appelait à la prudence auprès du média Politico : “il faut éviter d’anticiper son tête-à-tête avec Macron. Il faut la tacler [ndlr: Marine Le Pen], mais sans en faire des tonnes." Auprès du Huffpost toujours, un poids lourd de la majorité a estimé que le niveau du débat était faible, tant celui des débatteurs que celui des journalistes-animateurs. 

Sur Twitter, l'ex-macroniste Guillaume Chiche a lui condamné la simple acceptation de ce débat : "On ne débat pas avec le Rassemblement national, on le combat ! Avec en seule ligne de mire les élections présidentielles de 2022, LREM est irresponsable d’avoir accepté ce débat qui ne fait qu’essentialiser et légitimer les thèses d’extrême droite."