Les négociations ont été rudes et longues pour finaliser l’accord sur le Brexit. Mais ce n’est pas en raison des mesures à prendre pour la coopération future en matière de justice et de police. Cela n’a jamais été un point de blocage.

Car, comme le souligne un acteur qui préfère rester dans l’ombre vu qu’il n’a pas pu examiner tous les cas de figure, les deux parties ont intérêt à ce que l’information circule de manière fluide.

Si l’on veut faire face à la criminalité organisée ou au terrorisme, les échanges d’informations doivent être rapides. L’accord sur le Brexit "établit un nouveau cadre" en matière de coopération policière et judiciaire, "en particulier pour lutter contre la criminalité transfrontalière et le terrorisme".

Les échanges d’ADN et d’empreintes maintenus

Les deux parties continueront à partager l’ADN, les empreintes digitales.

Elles poursuivront également les échanges des données ayant trait aux passagers des avions. L’accès aux données personnelles détenues dans les registres Passenger Name Record (PNR) restera garanti.

Un accord-cadre a été adopté pour poursuivre la coopération via Europol (l’agence européenne de police criminelle qui facilite l’échange de renseignements entre polices nationales) et Eurojust (l’agence européenne chargée de renforcer la coopération judiciaire entre les États membres).

Mais cet accord-cadre devra être affiné par des accords de coopération.

Lorsqu’il avait été institué en 2002, le mandat d’arrêt européen avait été salué comme une importante avancée. Il remplaçait les procédures politiques d’extradition par une procédure purement judiciaire. Cela s’était traduit par des délais de remise bien plus courts. Un autre processus, similaire à celui mis en place avec des pays comme la Norvège, sera instauré.

Reste toutefois une inconnue. Le Royaume-Uni pourrait suspendre la coopération judiciaire s’il renonce à son adhésion à la Convention européenne des droits de l’homme, qui a été signée au niveau du Conseil de l’Europe et non de l’UE. Londres est en effet très critique envers les arrêts de la CEDH qui s’imposent aux pays signataires.