Lors de leur débat télévisé jeudi soir, le ministre de l'Intérieur a accusé à plusieurs reprises la présidente du RN et candidate à l'Elysée de "mollesse", contre l'islamisme notamment.

"Je n'aurais pas utilisé ce terme", a déclaré M. Séjourné à Europe 1-Les Echos-Cnews. Selon ce proche d'Emmanuel Macron et ancien socialiste, Gérald Darmanin a "voulu dire" qu'elle était "floue".

"On a vu Marine Le Pen assez fidèle à elle-même" et "ce que dit Gérald Darmanin en creux, c'est qu'elle n'a pas beaucoup évolué", a-t-il appuyé.

"Elle était molle parce qu'elle était floue", a aussi dit M. Guerini, autre ex-PS, à franceinfo. "Gérald Darmanin a permis de démasquer Marine Le Pen", qui "n'a absolument pas changé depuis 2017" d'après lui.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait estimé vendredi sur Europe 1 qu'elle avait "peut-être" cherché à "faire croire" qu'elle était "molle", mais qu'en fait "elle ment, elle est floue", et "c'est ça qui la rend particulièrement dangereuse pour notre pays".

La lutte contre le Rassemblement national est "le combat depuis le premier jour que nous menons", a insisté Stanislas Guerini dimanche.

Dans un entretien au Parisien, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner fait d'elle le premier adversaire, avec l'objectif "qu'elle ne soit pas première au premier tour de la présidentielle", et admet: "C'est vrai que l'on n'a pas toujours su rassurer face aux inquiétudes de la mondialisation", sans compter la crise sanitaire, tandis que "Marine Le Pen, elle, surfe sur toutes les angoisses, quelles qu'elles soient, sans rien proposer".

Appelant droite et gauche à "participer à la bataille politique contre le Front national" devenu RN, M. Séjourné a déploré qu'actuellement "personne ne s'attaque à Marine Le Pen dans les oppositions", y voyant "une forme de cynisme".

"Tout le monde pense qu'il faut décrocher Emmanuel Macron d'un 2e tour s'il se représentait, pour prendre sa place", et ainsi "tout le monde joue le deuxième tour face à Marine Le Pen", a-t-il analysé, en jugeant que "la bonne hygiène politique serait que les gens qui perdent les élections se retirent et laissent la place à une nouvelle génération".

Dans l'opposition, l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, candidat potentiel à la présidentielle de 2022, a au contraire jugé "sidérant" et "scandaleux" le débat de jeudi soir. "C'est extrêmement grave: ils nous ont fait la Saint-Valentin quatre jours avant la date. C'est effrayant d'avoir un président de la République, un gouvernement, (...) dont la seule légitimité aujourd'hui revendiquée, c'est d'être le rempart à l'extrême droite", a-t-il fustigé sur BFMTV.

"N'interprétez pas le mot de Darmanin comme une connivence" avec Marine Le Pen, a de son côté défendu Christophe Castaner sur France Inter-franceinfo-Le Monde, disant ne pas croire "une seconde que Gérald Darmanin partage les convictions" de la présidente du RN.