De nombreux paramètres expliquent pourquoi l'Italie est le pays le plus touché par l'épidémie en Europe et second après la Chine.

En à peine 24h, l'Italie a enregistré 133 nouveaux décès, ce qui porte à 366 le nombre total de morts depuis le début de l'épidémie, selon le dernier bilan officiel publié dimanche. Elle est même devenue le pays le plus touché par l'épidémie de coronavirus après la Chine.

Alors, comment expliquer l'explosion du nombre de malades par rapport à d'autres pays du Vieux Continent ?

Déjà, les autorités sanitaires n'ont pas pu repérer le fameux "patient zéro" qui a initié la propagation du coronavirus à l'intérieur des frontières italiennes. Du fait de cette inconnue, la diffusion de l'épidémie s'est révélée plus rapide, étant donné que les premiers malades n'avaient pas été identifiés.

Dans la foulée de ces fâcheux retards de diagnostics, la gestion sanitaire de cette crise a quelque peu tangué. Elle est d'ailleurs mise en cause par de nombreux observateurs du secteur de la santé. Un manque de coordination entre les régions (notamment la Lombardie et la Vénétie), du personnel soignant infecté (au nord, jusqu'à 10% de l'ensemble des malades en font partie), ou encore l'organisation confuse constituent des éléments ayant accéléré la propagation du coronavirus. Selon nos confrères de La Croix, les hôpitaux du nord du pays sont d'ores et déjà saturés, si bien que "dans les unités qui accueillent les patients infectés, les médecins sont déjà appelés à privilégier ceux qui ont plus de chance de s’en sortir." (sic)

Sous couvert d'anonymat, un médecin d'un hôpital lombard souligne les conditions dramatiques dans les unités de soin. "Ces derniers jours, nous devons choisir qui intuber, entre un patient de 40 ans et un de 60 ans qui risquent tous les deux de mourir", raconte-t-il à La Croix. "C’est atroce et nous en pleurons, il n'y a pas d’appareils de ventilation artificielle en nombre suffisant."

C'est donc au nord de l'Italie que tout a commencé, durant la période de la célèbre Fashion Week à Milan. Durant cet événement, les flux de populations se multiplient et accentuent donc le risque de contamination. Mais au-delà de cette manifestation qui a pu servir de catalyseur pour le virus, l'Italie souffre aussi du fait d'héberger la population la plus âgée d'Europe, et donc par extension, la plus fragile, souligne La Nouvelle République. Un Italien sur quatre a plus de 65 ans. Quant à l'âge médian, il est de plus de 47 ans (contre 42 en Belgique). Des chiffres d'autant plus préoccupants lorsqu'on sait que le taux de mortalité du coronavirus grimpe à 14% pour les individus octogénaires.