Au lendemain de la présentation par la Commission de sa proposition de nouveau "pacte" européen d'asile et migration, une porte-parole de l'exécutif européen a diplomatiquement reconnu que les trois dirigeants avaient "soulevé de nombreuses questions" à ce sujet.

"Ce serait chouette, dans un monde idéal, que dès que la Commission fait une proposition sur un sujet, les États disent oui dès le lendemain. La réalité est bien sûr plus nuancée, ce qui est tout à fait normal", a tempéré Dana Spinant, porte-parole de la Commission, jeudi midi.

Les pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, et Slovaquie) sont parmi ceux qui freinent le plus, au sein de l'UE, sur l'accueil de demandeurs d'asile. On s'attendait donc à ce qu'ils accueillent sans enthousiasme le "pacte" mis sur la table par la Commission, qui compte sur une contribution de chaque État, même si ce ne serait pas forcément sous la forme de places d'accueil.

Côté Commission, on parle jeudi d'une réunion "fructueuse" de la présidente avec les Premiers ministres Mateusz Morawiecki, Viktor Orban et Andrej Babis. Sur l'immigration, l'un des sujets abordés, il y a eu de nombreuses questions. Mais la proposition présentée mercredi est "complexe", a martelé Dana Spinant. La Commission s'attend donc naturellement "à des discussions sur certains points dans les prochaines semaines et prochains mois", a-t-elle ajouté.

Dans une conférence de presse commune, les Premiers ministres hongrois, polonais et tchèque ont donné un premier avis, mitigé. "L'approche de base est toujours inchangée", a regretté Viktor Orban. "Ils voudraient gérer la migration et non stopper les migrants". Les pays de Visegrad souhaitent avant tout "un contrôle des frontières le plus rigoureux et efficace possible", a lancé son homologue polonais, Mateusz Morawiecki.