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L'épouse de Vincent Lambert, Rachel, est "abattue" par des "années de procédure", "d'acharnement thérapeutique" et de "lutte" pour faire entendre "les volontés de son époux" Vincent, patient en état végétatif depuis presque onze ans décédé jeudi, a déclaré à l'AFP son avocate, Me Sara Nourdin.

Rachel Lambert "est abattue, parce que c'est triste évidemment, mais aussi abattue par ces années de procédure qui ont fait que c'était si difficile", ôtant "l'apaisement qui aurait été souhaitable", a affirmé Me Nourdin. "L'annonce de son décès a été très éprouvante et difficile sur le plan personnel, parce que ça reste la perte d'un être cher, mais elle est aussi triste devant l'acharnement qui continue... Tout ça est très violent", a-t-elle ajouté. Le parquet de Reims a ouvert une enquête préliminaire pour tentative d'homicide volontaire après la plainte déposée par les avocats des parents de Vincent Lambert, Me Jean Paillot et Jérôme Triomphe, qui ont estimé jeudi que sa mort était "un crime d'État". Des déclarations "indignes" selon l'avocate, pour laquelle, au contraire, "un cadre légal a été strictement appliqué". "Malheureusement ce matin, on ne peut pas encore parler de soulagement, mais j'espère qu'elle va trouver un peu de paix à présent", a-t-elle poursuivi. Vincent Lambert, patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008, est décédé jeudi matin à l'âge de 42 ans, huit jours après l'arrêt de son hydratation et de son alimentation par sonde. Son cas, devenu le symbole du débat sur la fin de vie en France, a divisé sa famille: d'un côté ses parents, fervents catholiques fermement opposés à un arrêt des traitements, de l'autre, son épouse Rachel, son neveu François et six frères et soeurs qui dénonçaient un "acharnement thérapeutique". Selon eux, Vincent leur avait confié oralement préférer mourir que de vivre "comme un légume", bien qu'il n'ait jamais laissé de directive anticipée.