Le président russe Vladimir Poutine a signé mercredi de nouvelles lois renforçant les amendes prévues pour des violations commises par des manifestants ou des géants de l’Internet, après les récentes protestations contre le pouvoir.

Les nouvelles dispositions, signées mercredi, selon le portail juridique officiel russe, interviennent après trois journées de manifestations fermement réprimées, fin janvier et début février, pour exiger la libération de l’opposant Alexeï Navalny.

Les amendes explosent

Selon la nouvelle législation, les manifestants reconnus coupables d’avoir désobéi aux forces de l’ordre à plusieurs reprises pourront se voir infliger jusqu’à 20 000 roubles d’amende (230 euros au taux actuel) ou 30 jours de prison.

Auparavant, la législation prévoyait pour ce motif une amende de 5 000 roubles.

Un manifestant reconnu coupable de ces faits pour la première fois risque désormais une amende multipliée par quatre, jusqu’à 4 000 roubles, ou bien une peine de 15 jours de prison ou encore 120 heures de travaux d’intérêt général.

Ces sanctions peuvent être lourdes en Russie où le salaire moyen tourne autour de 50 000 roubles (560 euros).

Le président a également signé une loi prévoyant jusqu’à 2 500 roubles d’amende pour la publication d’informations par des auteurs ne précisant pas leur statut d’"agents de l’étranger".

Les organisations ou individus reconnus "agents de l’étranger" doivent, selon une loi de 2012, s’enregistrer auprès des autorités, remplir de fastidieuses obligations administratives et indiquer clairement ce statut dans leurs publications.

L’une des nouvelles lois prévoit également jusqu’à un million de roubles d’amende (11 000 euros) pour les plateformes numériques, par exemple Facebook ou Twitter, qui violeraient à plusieurs reprises les règles de l’"Internet souverain".

Une autre disposition prévoit jusqu’à 3 millions de roubles d’amende (33 000 euros) pour les sites ayant "sanctionné" des médias ou citoyens russes, en bloquant par exemple des contenus de ces auteurs.

La législation sur l’"Internet souverain", votée en 2019, impose notamment aux fournisseurs d’accès à Internet de permettre un "contrôle centralisé du trafic" pour contrer des menaces éventuelles.

Des militants dénoncent une loi visant à réduire la liberté d’expression.